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Olivia Grandville : « Je fais des pièces pour poser des questions auxquelles je n’ai pas de réponses »

categorie litterature Olivia Grandville : "Je fais des pièces pour poser des questions auxquelles je n’ai pas de réponses"

Nous recevons la danseuse et chorégraphe Olivia Grandville pour son spectacle « Débandade », qui se joue à la MC93 jusqu’au 10 avril 2022, et en mai à Angers et Roubaix.

« Débandade » d’Olivia Grandville Crédits : Marc Domage

Dans Débandade, Olivia Grandville invite sept danseurs aux origines culturelles et parcours artistiques diversifiés, tous nés dans les années 90, à interroger la perception de leur masculinité, aussi bien par le corps que par la parole. Comment vit-on sa masculinité ? En a-t-on fini avec le patriarcat ? Qu’est-ce que la virilité ? Selon un principe de chœur et de soli, sept portraits s’esquissent, faisant appel au patrimoine dansé et aux chansons populaires des interprètes dans ce qu’ils peuvent véhiculer comme points de vue sur ces questions. S’élabore ainsi un état des lieux complexe, riche et contradictoire sur des airs de comédie musicale.

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Chorégraphier la complexité

« La danse, la parole et le texte sont des constantes de mon travail, et j’ai voulu faire cette pièce, parce que j’avais envie de parler de complexité, et pour cela je suis passée par la parole de sept hommes extrêmement différents dans tous les domaines. Je trouve qu’à vouloir trouver des réponses absolues à des questions brûlantes, on se prive de prendre en compte la complexité des choses. Je fais des pièces pour poser des questions auxquelles je n’ai pas de réponses. Dans ce spectacle, je me suis posée la question de la façon dont les hommes vivaient leur masculinité, et comment en parler avec eux et déraciner les injonctions de virilité. En fait, la vraie question est : comment réinventer quelque chose en dehors d’une binarité ? » Olivia Grandville

Sortir des assignations du corps

« La formation des corps porte en elle une politique des corps. J’ai été formée à l’Opéra de Paris, et tout mon travail est fondé sur le fait de sortir des assignations et d’ouvrir les possibilités de représentations et de monstrations du corps hors des diktats que produisent forcément des techniques ». Olivia Grandville

« Bien sûr, il est important de parler des femmes, mais j’ai également trouvé important de s’intéresser aux hommes et à la manière dont ils vivaient cette vague féministe nécessaire, mais violente. Je suis persuadée que pour que notre posture d’individu-femme advienne à un moment donné, il faut que les individus-hommes reconnaissent leurs propres assignations, et la façon dont ils en souffrent eux-aussi ». Olivia Grandville

Travailler l’intériorité et déconstruire l’histoire du corps

« Ce qu’il y a de formidable actuellement sur les plateaux, c’est qu’il y a des gens qui viennent de partout, des cultures de corps également, des gens qui savent un peu tout faire, et qui sont beaucoup moins formatés qu’on pouvait l’être à notre époque. Néanmoins, la question de l’intériorité est toujours une vraie question, difficile à travailler pour l’interprète, mais pour moi, sur un plateau, rien ne fait sens sans cette intériorité ». Olivia Grandville

« Toute la danse contemporaine s’est déplacée de la simple question de la danse et du beau geste, vers la question de la représentation des corps et des dé multiplicités de cultures des corps. Il est évident que les corps dans leur posture, dans leur mode de déplacement, portent une histoire et il faut déjà le savoir pour pouvoir la déconstruire, ou simplement la repérer. » Olivia Grandville

Olivia Grandville
Olivia Grandville Crédits : Marc Domage

Le monde de la danse se mobilise

Chaillot-Théâtre national de la Danse en partenariat avec la Croix Rouge organise Ensemble pour la paix, une soirée réunissant de nombreuses pièces de plusieurs chorégraphes le jeudi 14 avril pour récolter des fonds et apporter son aide aux populations d’Ukraine.

Archives

Dominique Bagouet, émission Radioscopie, Jacques Chancel, France Inter, 27/04/1981

Anne Teresa de Keersmaeker émission Hors champs, Laure Adler, France Culture, 26.05/2006

Références musicales

Philip Glass, Satyagraha « Kuru field of justice »

Dj Léo le Kdo du ciel, Je suis fâché

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