Search

Marion Rampal : « La poésie est plus forte si la voix ne s’occupe pas à faire la belle »

categorie litterature Marion Rampal : "La poésie est plus forte si la voix ne s'occupe pas à faire la belle"

Rencontre avec la musicienne Marion Rampal pour la sortie de son album « Tissé » sur le label Les rivières souterraines.

Portrait de la chanteuse Marion Rampal
Portrait de la chanteuse Marion Rampal Crédits : Alice Lemarin

Après Le secret, un album à la croisée de la mélodie, du jazz, et de la chanson, Marion Rampal fait paraître Tissé, un cinquième album sur le label Les rivières souterraines, réalisé par Matthis Pascaud, avec les collaborations d’Archie Shepp, Piers Faccini et Anne Paceo. Autrice-compositrice-interprète, Marion Rampal tisse, au sein d’un répertoire éminemment personnel, un lien entre mémoire et invention, mot et mélodie, musiques populaires afro-américaines et racines classiques occidentales.

Un va-et-vient entre l’ici et l’ailleurs

« Il y avait le souci de mettre en valeur la voix, la langue, le texte. Plus jeune, j’écrivais en anglais. Le choix du français s’est petit à petit imposé, par maturité et par tranquillité, mais aussi parce que je suis tombée amoureuse des français d’ailleurs, ceux d’outre-mer, d’Amérique du nord, de la Réunion ou encore de la Nouvelle Orléans. Ces langues m’inspirent parce qu’elles sont plongées dans d’autres histoires. J’écoutais de vieux enregistrements de femmes qui chantaient dans leurs cuisines par exemple. Dans un précédent album intitulé Main Blue, je m’intéressais déjà à ce que j’appelle « la langue des cœurs coulés », en référence aux marins, comme dans La chanson du marin dont le cœur coule dans l’océan et qui fait ce voyage entre le vieux et le nouveau monde. J’aime l’idée que la langue soit à la fois une invention et une manière de retrouver le goût de l’ailleurs et de l’autrefois. » Marion Rampal

La voix mise à nu

« J’ai toujours eu une approche puriste de la voix. Pourtant, je me suis ces dernières années assez encombrée. J’ai eu besoin de faire le tri. Avec Tissé, l’idée était de mettre les choses au calme et à nu. Même la façon d’enregistrer a changé. Tirant profit des confinements successifs, j’ai voulu que le disque soit au plus près de ce que je peux enregistrer seule chez moi avec mon téléphone. J’ai eu envie d’oser ce naturel là, ce difficile exercice de mise à nu. Je me suis sentie beaucoup mieux car j’ai compris que la poésie passait de façon beaucoup plus forte si la voix n’était pas occupée à faire la belle (…) J’ai voulu me concentrer davantage sur l’interprétation, notamment auprès de personnes qui sont issues d’une école anglo-saxonne, la Roy Hart Theatre, et qui travaillent la voix pour le théâtre, en explorant ses possibilités les plus extrêmes. Cela équivaut, pour l’interprète, à une thérapie esthétique, sonore et scénique. J’ai aussi travaillé sur l’imaginaire, notamment grâce à un poète italien qui m’a appris la nécessité pour les chanteurs de savoir regarder les tableaux. Je me sers de l’image pour chanter et projeter une interprétation. » Marion Rampal

Un voyage immobile

« Il y avait, au départ de cet album, quelque chose comme un voyage immobile, un retour au bercail, une sorte de maison imaginaire et de folklore personnel. Il y avait l’idée de poser les valises après des années, de chanter du répertoire, comme la mélodie française ou le cabaret, mais aussi de puiser dans la musique afro-américaine et dans des aventures plus personnelles de composition. J’ai voulu me poser et voir quelles étaient les couleurs, les filtres, les influences que j’avais gardées (…) Je me suis interrogée dans cet album sur la fin de la vie, la fin de l’amour et la fin du monde et sur ce qu’il me resterait à chanter. Chaque chanson a ainsi été pensé avec le soin de se dire qu’il ne faut jamais qu’elle soit vaine. » Marion Rampal

Archives

Michel Portal, interview de Jazz Mag au Triton, 02/01/22

Janine Reiss, émission « A voix nue : grands entretiens d’hier et d’aujourd’hui« , Laure Adler, France Culture, 24/07/2000

Barbara, émission « Synergie« , Jean-Luc Hess, France Inter, 27/12/1996

Extraits musicaux

Marion Rampal, « Où sont passées les roses« , feat Piers Faccini, Tissé, 2022.

Marion Rampal, « Calling to the Forest« , feat Archie Shepp, Tissé, 2022.

Marion Rampal, « Passe-montagne« , Tissé, 2022

Les concerts à venir

29 avril 2022 : Théâtre du Rocher, La Garde / 20h30

18 mai 2022 : Jazz à Saint-Germain-des-Prés, Maison des Océans, Paris / 20h30

16 Juillet 2022 : Festival Nuits de Fourvière, Lyon

Source

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

You may use these <abbr title="HyperText Markup Language">html</abbr> tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

*