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Anselm Kiefer : « Je ne fais pas de tableaux d’illusion, c’est une vraie situation humaine. »

categorie litterature Anselm Kiefer : "Je ne fais pas de tableaux d’illusion, c’est une vraie situation humaine."

Dans cette nouvelle exposition Hommage à un poète organisée par la galerie Thaddeus Ropac à Pantin sont présentées dix-huit toiles de grande taille qui rendent hommage aux poètes Ingeborg Bachmann, Paul Celan, Ossip Mandelstam et August Graf von Platen. Cette exposition fait suite à celle du Grand Palais Ephémère consacrée à Paul Celan (16 décembre 2021-11 janvier 2022). Le peintre allemand, né dans l’Allemagne d’après-guerre, réfléchit dans ses œuvres à la manière dont l’histoire et la mémoire se préservent et s’érodent. Des bunkers, des bâtiments en ruine, des champs de blé, des forêts enneigées, tout tend à donner une voix au vide, au chagrin et au silence laissés par la guerre.

2Q== Anselm Kiefer : "Je ne fais pas de tableaux d’illusion, c’est une vraie situation humaine."

Anselm Kiefer - "Im Herz des Bergs", 2021 - Courtesy Thaddaeus Ropac, London · Paris · Salzburg · Seoul
Anselm Kiefer – « Im Herz des Bergs », 2021 – Courtesy Thaddaeus Ropac, London · Paris · Salzburg · Seoul

– Charles Duprat © Anselm Kiefer

Anselm Kiefer expose également jusqu’au 29 octobre 2022 au Palais des Doges de Venise. L’exposition prend pour titre une citation du philosophe italien Andrea Emo : « Questi scritti, quando verranno bruciati, daranno finalmente un po’ di luce » (Ces écrits, une fois brûlés, donneront enfin un peu de lumière), philosophe auquel Anselm Kiefer avait déjà rendu hommage lors d’une exposition à la Galerie Thaddaeus Ropac de Pantin en 2018.

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2Q== Anselm Kiefer : "Je ne fais pas de tableaux d’illusion, c’est une vraie situation humaine."

Anselm Kiefer Daniel 3.9-97 Schadrach, Meschach, Abed-Nego, 2021 - Courtesy Thaddaeus Ropac, London · Paris · Salzburg · Seoul
Anselm Kiefer Daniel 3.9-97 Schadrach, Meschach, Abed-Nego, 2021 – Courtesy Thaddaeus Ropac, London · Paris · Salzburg · Seoul

– Charles Duprat © Anselm

S’ouvrira au public au mois de juin la Fondation Anselm Kiefer à Barjac, dans le Gard. Ancien atelier-résidence de l’artiste, la fondation aura pour mission de préserver l’héritage archivistique et artistique de l’artiste ainsi que de présenter le travail d’autres artistes s’incrivant de le sillon d’Anselm Kiefer.

Enfin une rencontre autour du rapport entre peinture et poésie avec le philosophe Emanuele Cocia est organisée dans l’exposition d’Anselm Kiefer à Pantin le dimanche 22 Mai à 15h.

Instabilités

« Le temps n’est pas stable. Il n’y a pas seulement le temps humain, il y a le temps géologique et le temps cosmique et j’ai toujours ces trois temps en conscience. Mes tableaux n’ont pas un endroit fini, il n’y a pas de tableaux finis chez moi, c’est toujours un processus, ça continue toujours. […] Je ne fais pas de tableaux d’illusion, je n’utilise pas les bonnes couleurs ni les bons traits, pas de surface impeccable. Chez moi, tout est kaput, tout peut tomber. C’est une vraie situation humaine. »

Poésie-boussole

« Pour commencer une chose nouvelle, il me faut un choc. Ce choc peut être dans le paysage, dans la nature ou dans un livre. Le matin, je vais dans ma bibliothèque, je prends un livre par hasard. Quoique je ne crois pas au hasard, je prends toujours le livre qu’il faut. Et ça me porte dans un autre monde. Si c’est un poème très précis, très travaillé, cela devient la réalité. Les poèmes comme des bouées dans la mer, la mer est infinie, dangereuse, on ne voit que les vagues, et là, il y a les poèmes qui sont mes bouées, qui lorsque je nage dans cette mer me tiennent en vie. »

Les tableaux changent toujours, même les toiles des grands maîtres changent, car le regard change.

Relativisme pictural

« Le désespoir de l’homme est de ne pas savoir d’où il vient, on ignore qui a construit le système dans lequel nous vivons. Nous connaissons l’histoire des cellules et leur évolution mais qui a mis en place la société ? Qu’y avait-il avant le Big Bang ? On ne sait pas, on peut suivre toutes les philosophies et nous ne trouverons jamais la réponse. Nous ne savons pas pourquoi nous sommes là. Mais on sait que quelque chose cloche, qu’il y a une faute. »

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Paul Celan lit son poème Corona, document Youtube

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