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Leili Anvar : « Pour les femmes afghanes, moderniser la poésie est une arme contre l’obscurantisme patriarcal »

categorie litterature Leili Anvar : "Pour les femmes afghanes, moderniser la poésie est une arme contre l'obscurantisme patriarcal"

Pour l’anthologie bilingue Le cri des femmes afghanes (Éditions Bruno Doucey), une anthologie bilingue qui réunit vers, chants et textes de 41 poétesses contemporaines d’Afghanistan, dont elle signe la traduction. En écho à l’actualité sur l’amputation des droits et libertés des femmes en Afghanistan.

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La voix du féminin exclue de l’espace public

« Je ne soupçonnais pas qu’il existait une poésie des femmes afghanes, mais lors d’une soirée consacrée à ces poétesses, j’ai eu l’occasion d’entendre ces poèmes lus en persan, et j’ai véritablement reçu cette poésie en plein coeur. A partir de ce moment-là, je suis partie à la recherche de ces femmes. Je me suis posé la question de savoir pourquoi ce qui m’unissait à ces femmes était si profond, car la situation de la femme iranienne n’est en rien comparable avec celle de la femme afghane. Je pense que ça touchait quelque chose de la voix du féminin dans le monde musulman, qui a une réticence à entendre publiquement cette voix. Au-delà de cela, je pense que c’est une question du féminin en général. En Occident, les femmes ont obtenu la capacité de publier de haute lutte et cela relativement récemment. Publier pour une femme, c’est devenir une femme publique, et cela, le patriarcat a du mal à l’accepter. » Leili Anvar

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La poésie pour lutter contre l’obscurantisme

« Dans cette anthologie, on a voulu représenter la diversité des styles et des thèmes. La plupart des femmes qui y sont présentes sont des poétesses du XXe siècle qui sont les héritières de la modernité advenue en Iran après la seconde guerre mondiale. J’ai voulu montrer que cette poésie existe depuis le Xe siècle, mais qu’il y a également une modernité qui épouse le vécu de ces femmes, confrontées à l’obscurantisme profond qui a commencé à sévir en Afghanistan au début du XXIe siècle. Une des armes de lutte contre l’obscurantisme est précisément de sortir de la facture poétique classique et de dire sa contestation de l’ordre patriarcal par une expression qui change les codes. » Leili Anvar

L’expression poétique pour espérer malgré tout

« Je me rends compte que finalement, que ce soient des hommes ou des femmes, c’est la même voix, et que ce qui est le plus important, c’est la parole poétique. Ce qui me touche énormément, c’est qu’au cœur de l’expression poétique, il y a peut-être la seule possibilité d’être vraiment ce qu’on est et d’entrer dans une espérance, même si tout porte à penser que c’est la fin du monde. C’est dans l’expression poétique que le politique et le plus intime, jouent un rôle absolument essentiel. » Leili Anvar

Archives

Atiq Rahimi, émission Du jour au lendemain, Alain Veinstein, France Culture, 14/06/2000

Mahmoud Darwich, émission Les mardis littéraires, Pascale Casanova, France Culture, 13/04/2004

Lectures

Khâleda Bârech, Livre des chagrins extrait du livre Le cri des femmes afghanes (éditions Bruno Doucey)

Parvin Pejvak, Attente, extrait du livre Le cri des femmes afghanes (éditions Bruno Doucey)

Homâ Azar, Je crie, extrait du livre Le cri des femmes afghanes  (éditions Bruno Doucey)

Références musicales

Aryana Sayeed, Bache Kabul

Milena Begeron, Oudir

Paru en premier sur Radio France

Plus d’info sur le site de Radio France

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