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Massao Mascaro : « L’errance est fondamentale dans mon travail, mais aussi dans la vie »

categorie litterature Massao Mascaro : "L’errance est fondamentale dans mon travail, mais aussi dans la vie"

Sub sole est un travail photographique qui résulte de voyages réalisés par Massao Mascaro entre 2017 et 2021 sur le pourtour méditerranéen à travers sept villes : Ceuta, Naples, Palerme, Athènes, Istanbul, Tunis et Lampedusa. En suivant l’itinéraire d’Ulysse, le photographe explore cette région, à la fois carrefour de cultures et berceau de mythes fondateurs, aujourd’hui marquée par les migrations et l’exil.

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"Sub Sole" de Massao Mascaro
« Sub Sole » de Massao Mascaro

– Massao Mascaro/ Editions Chose commune

Une feuille de route homérique

« Ce livre est le résultat de sept voyages faits selon une feuille de route calquée sur l’Odyssée d’Homère. J’ai pu les faire grâce à une bourse d’études, qui m’a permis de travailler sur mon projet et mon désir de voyager dans une Méditerranée plus large. En général, il s’agissait de voyages d’un mois, pour lesquels je n’avais rien prévu en amont. Je savais juste où j’allais, mais, durant ce mois de voyage, il y avait beaucoup d’attentes et d’errance. J’ai voyagé seul, et je me suis rendu dans des lieux sans vraiment savoir à quoi m’attendre. Mon travail photographique fonctionnait beaucoup sur la marche, et j’essayais d’être attentif au monde que je pouvais découvrir sur place.

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Au départ, ce travail consistait de façon inconsciente, à essayer de comprendre où on en était, en Europe, du point de vue de l’hospitalité. Cette Méditerranée, de par ses paysages, est une invitation au voyage, et même si elle a été une barrière, de doit quand même être une invitation à la culture. En ayant bouclé cet itinéraire, je me suis demandé si le Sud de l’Europe n’était pas culturellement logique. » Massao Mascaro

Des photographies comme des surprises

« J’ai travaillé d’une façon très empirique, je travaille encore en argentique, et en noir et blanc. Ce n’est pas par nostalgie, mais c’est pour travailler en aveugle. Je ne vois pas ce que je fais, ce qui me demande d’être concentré du début à la fin. J’ai des fantômes d’images dans ma tête, qui ne correspondent pas forcément avec ce que je découvre au développement des films, mais j’ai aussi plein de surprises, d’accidents qui sont une étape supplémentaire dans mon travail. J’essaie de garder une certaine naïveté au moment de la prise de vue et de travailler avec ce matériau tout à fait incertain. Un mois de voyage c’est plein de rencontres, de soleil, et un matériau qui me sert de carnet de notes invisibles. » Massao Mascaro

L’errance comme moteur

Je me suis rendu compte que je suis toujours dans le détour. Ce projet dans lequel je voulais faire correspondre la mythologie et la migration contemporaine, est, au final, une manière d’emprunter des chemins de traverse, de me perdre et d’errer. Je trouve que l’errance est très importante dans mon travail mais aussi dans la vie. Dans ce travail, l’errance, c’était comme être en pagaille avant d’organiser le chaos. Je pense qu’il faut ce grand bordel pour reconstituer ensuite quelque chose. Massao Mascaro

Archives

Maurice Sartre, émission Concordance des temps, Jean-Noël Jeanneney, France Culture, 22/09/2018

Marie Cosnay, entretien avec Marie Richeux, Festival Hors Pistes, Centre Pompidou, 2022

Extrait

Méditerranée, film de Jean-Daniel Pollet, 1963

Lecture

Federico Clavarino, Sub sole (Editions Chose commune, 2022)

Référence musicale

Piers Faccini, Dunya

Paru en premier sur Radio France

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