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Aya Cissoko : « Ecrire a été le moyen de renouer le fil de mon histoire »

categorie litterature Aya Cissoko : "Ecrire a été le moyen de renouer le fil de mon histoire"
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Sous la forme d’une lettre, l’auteure, devenue mère, entend rappeler à sa fille ses origines. Descendante d’une double lignée de guerriers bambara ayant affronté la colonisation et les Juifs ashkénazes déportés à Auschwitz, elle lui raconte ce qu’implique le fait d’être noire en France, en partant des difficultés rencontrées par sa propre mère à son arrivée. En dénonçant les difficultés de la condition noire, Aya Cissoko montre en quoi la lutte contre le racisme et les préjugés reste toujours d’actualité, et souligne l’importance de la transmission intergénérationnelle.

Au nom de tous les tiens est paru aux éditions du Seuil.

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Etre fier de sa filiation

« Mes relations avec ma mère ont été pendant très longtemps conflictuelles, avant de se pacifier, avant que je me rende compte que cette femme était extraordinaire, tout comme sa trajectoire. Elle a aussi été une figure sacrificielle, alors, en écrivant ce livre, j’ai voulu que ma fille, à l’inverse de moi, fasse l’économie de la honte envers les siens, et soi fière de sa filiation. » Aya Cissoko

Ecouter pour comprendre son passé

« Ma mère n’avait de cesse de nous répéter l’histoire de la famille, ses mythes et tout ce qu’il était important de retenir, mais le contexte dans lequel j’évoluais, m’empêchais de l’écouter. Je voulais appartenir à cette norme qui nous disait qu’il fallait absolument nous assimiler, or, l’assimilation passe par le rejet de ce que son nos parents. Il y avait quelque chose de schizophrénique dans la position que j’occupais, et il a fallu énormément de temps pour qu’enfin j’entende ma mère. » Aya Cissoko

Ecrire pour rendre ses parents enfin visibles

« A travers ce livre, j’ai vraiment la volonté de réhabiliter mes parents, de les faire exister, car si parfois je les ai mal aimés, ils sont pour moi des héros et des héroïnes. Ces figures, on n’en parle pas, elles sont invisibilisées, ou on parle continuellement à leur place, et pourtant, on aurait toutes et tous des leçons à tirer de leur trajectoire et de leur vaillance. Ce sont des hommes et des femmes qui luttent quotidiennement pour ne pas perdre leur dignité. » Aya Cissoko

Expliquer l’oppression pour la dépasser

« Expliquer l’oppression est une charge mentale supplémentaire, mais le plus grave, c’est que cette oppression provoque aussi des morts prématurées chez ceux qui la subissent. Je me suis focalisée sur l’histoire familiale, mais je pourrais aussi parler des violences policières ou des violences au travail. Il y a une frange audible de la population qui cherche à faire taire celles et ceux qui disent : « ça suffit », mais, il va falloir que les lignes bougent, parce que nous n’avons plus envie de subir et de transmettre ce fardeau à nos enfants. C’est le sens de ce livre, que la violence inouïe envers ceux qui ont une peau qui parle pour eux s’arrête une fois pour toute. Je sais qu’il est question de pouvoir, et que certain ne veulent pas nous faire de la place, mais on est là, on existe et on veut tendre vers une véritable égalité. » Aya Cissoko

Archives

Reportage dans l’émission L’esprit de famille, Elsa Boublil, France Inter, 27/07/2004

Raoul Peck, émission L’heure bleue, Laure Adler, France inter, 09/05/2017

Références musicales

Rayon, On the quiet

Rocé, Tenir debout

Oxmo Puccino, Trop d’amour

Paru en premier sur Radio France

Plus d’info sur le site de Radio France

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