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Javier Cercas : « Ce qui fait littérature, c’est d’interroger nos certitudes »

categorie litterature Javier Cercas : "Ce qui fait littérature, c’est d'interroger nos certitudes"

Dans Indépendance le deuxième roman que Javier Cercas consacre aux aventures de l’inspecteur Melchor, l’écrivain espagnol brosse un portrait sans fard des élites politiques et économiques barcelonaises. L’indéfectible intégrité de Melchor est mise à rude épreuve au contact des rouages du pouvoir, où règnent cynisme, ambition décomplexée, violence, et arrogance des nantis.

2Q== Javier Cercas : "Ce qui fait littérature, c’est d'interroger nos certitudes"

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Un personnage tout en contradictions

« Je suis amoureux de mon personnage. Il est né de mon obscurité. C’est un personnage plein de fureur, de haine et de désirs de vengeance. Toutes ces choses que l’on a un jour ressenties, même si on ne l’admet pas. Melchor Marin est donc né de cette part maudite de moi-même, mais, en même temps il est plein de lumière. Il est essentiellement contradictoire! De plus, il possède naturellement cette vertu essentielle qu’est le courage, ce qui fait de lui un être capable du meilleur comme du pire. » Javier Cercas

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Poser des questions complexes sans jamais y répondre

« Pour moi, écrire un roman, c’est formuler une question complexe, de la façon la plus complexe possible, sans donner de réponse. Les romanciers ne peuvent pas répondre aux questions de façon claire et univoque. Leurs réponses sont toujours ambigües et contradictoires parce que c’est justement ce qui fait la littérature. Alors la question essentielle qui se pose dans mes trois derniers livres est celle-ci : la vengeance est-elle légitime quand la justice ne vous fait pas justice ? C’est un sujet éminemment complexe, et ce que j’aime dans la littérature, c’est qu’elle nous permet d’avoir de l’empathie envers des personnages ou des idéologies que nous n’aimons pas dans la vie réelle. Je pense que, ce qui fait littérature, c’est de mettre en questions nos certitudes les plus enracinées. » Javier Cercas

Se réinventer par la forme

« Quand j’ai commencé cette trilogie, je voulais me renouveler en tant qu’écrivain. Or, c’est à travers la forme qu’on trouve de nouveaux sujets, de nouvelles idées. L’expérimentation se fait toujours à travers la forme. Alors j’ai cherché une nouvelle forme, et je l’ai trouvée dans le thème de la violence contre les femmes, et par conséquent du pouvoir. De plus, mon désir de me renouveler est aussi venu du fait que j’ai eu peur de me répéter, de devenir un imitateur de moi-même, et quand un écrivain en arrive là, il meurt. Et je ne voulais pas mourir. » Javier Cercas

Trouver le bon carburant littéraire

« Nous, les écrivains, nous sommes des charognards, un peu comme les journalistes. Le malheur est notre matière première. Dans un monde heureux, il n’y aurait pas de romans, parce que nous travaillons avec les crises, la douleur et la haine. C’est notre carburant. Comme des alchimistes, les écrivains transforment la douleur et la violence en beauté et en sens. La crise catalane est le carburant de ce livre, et s’il n’est pas ouvertement politique, son carburant l’est. » Javier Cercas

Archives

Jorge Luis Borges, émission Entretien avec, Jean Daive, France Culture, 13/03/1978

James Ellroy, émission Le temps des écrivains, Christophe Ono-dit-Biot, France Culture, 10 sept 2016

Références musicales

Vincent Courtois, Hiroshima mon amour

David Bowie, Nature boy

Pascal Dusapin, Granum sinapis

Paru en premier sur Radio France

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