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Sylvie Durastanti :  » Le cinéma de Jean Eustache a une esthétique qui est une éthique »

categorie litterature Sylvie Durastanti : " Le cinéma de Jean Eustache a une esthétique qui est une éthique"
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A l’occasion de la ressortie en salle de La maman et la Putain de Jean Eustache dans une version restaurée ce mercredi 8 juin, nous recevons son ancienne compagne et collaboratrice Sylvie Durastanti pour son livre Nous Deux, roman-photo (éd. Tristram), recueil de deux scénarii écrits pour le cinéaste et d’une réflexion sur leur collaboration.

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Se retrouver dans l’écriture

« Je place la littérature à la hauteur à laquelle Jean Eustache plaçait le cinéma, et le point commun entre les deux c’est l’écriture. C’est dans cette écriture que nous nous rencontrions. Il faut dire aussi que mon écriture était asservie à la volonté de servir Jean Eustache. Elle prend un peu plus d’ampleur dans « Nous Deux roman-photo » [NDLR : le deuxième texte du recueil]. C’est un livre qui visait à mettre des choses au point, telles que la complexité d’une relation entre deux personnes. Une relation singulière, mais pas exceptionnelle : deux personnes qui n’arrivent pas à vivre séparément, et qui n’arrivent pas à vivre ensemble. Dans « Nous Deux roman-photo », je me suis tout de même contrainte à écrire des choses qui étaient destinées à faire entendre à Jean Eustache ce qu’il ne voulait pas entendre. » Sylvie Durastanti

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Un cinéma pur et sans truquage

« Jean Eustache était cinéphile jusqu’au paroxysme. Avec beaucoup de prescience, il a vu le cinéma dériver jusqu’à ce qu’il est devenu aujourd’hui, à savoir un objet de consommation destiné plus particulièrement aux adolescents, fait d’une multiplication d’images interdisant toute réflexion. Or, pour lui, le cinéma servait à vivre.

« Le cinéma de Jean Eustache a une esthétique qui est une éthique, il voulait que le cinéma soit un enregistrement pur de la réalité. Il pensait qu’il n’était pas nécessaire de trop bouger la caméra, il considérait que le cinéma se fait tout seul, il se refusait à trafiquer les images et les sons. C’est d’ailleurs ce qui fait la force de « La maman et la putain ». »

« En fait, la volonté de faire un cinéma d’une certaine pureté fait partie du pragmatisme de Jean Eustache. Je pense que cette volonté répond au désir de retrouver la force d’effraction des premières images tournées par Louis Lumière. Il y a cette double tension dans le cinéma de Jean Eustache : retrouver la fascination du début du cinéma, mais dans le non trucage et la totale simplicité des moyens. » Sylvie Durastanti

Archives

Jacques Lacan, 1972

Jean Eustache, émission Le cinéma des cinéastes, Claude Jean Philippe, France Culture, 18/09/1977

Lecture

Franz Kafka, Méditations sur le péché (ed. Rivages)

Références musicales

Luigi Boccherini, Quintet à cordes n° 60 . Direction : Jordi Savall

Germaine Montero, Tortuga

Paru en premier sur Radio France

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