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David Teboul : » Dans ce film, j’ai voulu sonder le climat de l’amour »

categorie litterature David Teboul :" Dans ce film, j'ai voulu sonder le climat de l'amour"

C’est l’histoire d’un homme qui se rend au bout du bout de la Sibérie. Il a connu l’amour à Paris, il y a dix ans et l’a perdu. Ce paysage gelé comme les hommes et les femmes de ces villages de Sibérie pourront-ils le lui rendre ? Au travers de cette quête, il leur demande de se raconter, de dire ce qu’ils ont vécu de l’amour, eux qui connaissent le désastre, le froid et l’alcool, et disent aussi « mon amour ».

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Trouver un espace lointain pour recoller les morceaux de sa vie

« Mon amour » est un film que j’ai essayé de concevoir après la mort de mon conjoint. Finalement, j’ai mis 10 ans à le concevoir. Au début, je devais le tourner dans La Nièvre, mais j’ai eu besoin de fuir le figuratif. La Russie est un pays que je côtoie, j’y ai déjà fait des films, et ce pays, et particulièrement la Sibérie, m’est apparu comme la seule possibilité de me souvenir, de recoller les morceaux : il fallait que j’aille au bout du bout de la Sibérie pour me souvenir de ce qui me semblait proche. En fait, la Sibérie a une uniformité de paysage qui me fait penser à la mort. C’est un paysage infini, immaculé beau et plein d’ennui. C’est le blanc de la Sibérie qui m’a permis de faire le vide, et sans la Russie, j’aurais été incapable d’écrire ce récit. » David Teboul

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Filmer les autres pour accepter de renoncer à son amour

Quels que soient les lieux, chacun d’entre nous a vécu une histoire d’amour, et je voulais partir très loin rencontrer ces gens, me reconstruire à travers eux. C’était une façon d’éviter le « moi » narcissique de l’autofiction et d’aller vers le « je ». Pour cela, j’ai ressenti le besoin de filmer des êtres qu’on n’interroge jamais sur la question de l’amour. Je ne disparais pas derrière ces personnes, mais je mets à l’épreuve le récit déconstruit de cette histoire. En fait, les personnages me permettent de reconstruire ce récit, parce que, pour moi, il est plus facile de parler de soi en parlant des autres.

Ce qui a été très difficile, c’est de laisser quelque chose de cette histoire, et surtout de renoncer à mon amour. Comment renoncer à un amour quand l’autre n’est plus là. Aujourd’hui, le film sort sur les écrans, et c’est très étrange pour moi, parce que je parle du présent d’un passé. Je suis handicapé, car ne n’arrive pas à exprimer ce que je ressens, je ne peux le faire qu’en faisant parler les autres, c’est pour ça que je fais des films sur d’autres vies que la mienne. David Teboul

9k= David Teboul :" Dans ce film, j'ai voulu sonder le climat de l'amour"

David Teboul
David Teboul

– Eva Albarran

Extraits

Mon amour, documentaire de David Teboul, 2022

Hiroshima mon amour, film d’Alain Resnais, 1959

Archives

Marguerite Duras, émission Anthologie vivante, Roger Pillaudin, RTF, 10/10/1962

Jean-Claude Grumberg, émission Par les temps qui courent, Mathilde Wagman, France Culture, 06/11/2021

Musique de fin

Sarah Davachi, Gradual of image

Paru en premier sur Radio France

Plus d’info sur le site de Radio France

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