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Alison Bechdel : « Dessiner répond à un besoin compulsif de garder des traces de moi-même »

categorie litterature Alison Bechdel : "Dessiner répond à un besoin compulsif de garder des traces de moi-même"

Après avoir cherché son père puis sa mère dans Fun Home et C’est toi ma maman?, Alison Bechdel part en quête d’elle-même dans son nouveau roman graphique Le Secret de la force surhumaine.

Afin de se trouver, Alison Bechdel a tout tenté, des sports extrêmes à la culture physique en passant par la philosophie orientale, les poètes romantiques et les transcendantalistes. Finalement, elle parvient à la conclusion que le secret de la force surhumaine ne réside pas dans la vie au grand air et les abdos en béton, mais plutôt dans le fait d’accepter sa dépendance aux autres. Dans ce nouveau roman graphique on retrouve tout ce qui fait le talent de l’autrice : humour, culture, introspection et profondeur de vue.

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Comment dessiner le temps ?

« Le temps est un sujet extrêmement profond. Plus j’en découvre sur le temps, plus j’ai l’impression que le temps c’est nous. Nos vies humaines existent comme parties prenantes de ce temps, et on est toujours en train de le traverser. On a l’impression d’aller dans une seule direction, mais en fait, dans notre esprit, on passe notre temps à faire des boucles et à revenir sur nos souvenirs et le sur passé. C’était intéressant pour moi d’écrire ce livre de façon chronologique, il suit ma vie de décennies en décennies. Mes autobiographies précédentes étaient beaucoup plus circulaires. Celle-ci progresse de façon linéaire au fur et à mesure où je vieillis et où je me rapproche de la fin de ma vie. Depuis toute petite, je me sens invertie par le besoin de comprendre que j’allais mourir, et ce livre est dans la continuité de ce projet-là. « Alison Bechdel

Le sport, un moyen de parler de la condition de mortel

« Je suis toujours très gênée quand j’écris mes mémoires, donc le travaille dur pour proposer quelque chose qui intéresse les gens, et j’ai vraiment envie de tisser un lien avec eux. D’une certaine façon, dans ce livre, j’attire les gens avec le sport, qui est un sujet très populaire et accessible, mais en réalité, ce dont je veux parler, c’est la mortalité et la condition de mortel de l’être humain. Je pense que l’art peut peut-être nous aider à nous habituer à notre condition de mortel, et en tout cas, c’est ce que j’essaie de faire : j’essaie d’être plus à l’aise avec ma propre finitude. » Alison Bechde

2Q== Alison Bechdel : "Dessiner répond à un besoin compulsif de garder des traces de moi-même"

"Le secret de la force surhumaine" d'Alison Bechdel (ed: Denoël)
« Le secret de la force surhumaine » d’Alison Bechdel (ed: Denoël)

– Alison Bechdel/ Denoël

Pas de dessins sans mots

« Par rapport aux autres auteurs de BD, je suis peut-être plus autrice, dans le sens où j’ai beaucoup de mots dans mes bandes dessinées et que je ne suis pas aussi fortes sur l’aspect visuel, mais en fait tout est lié. Quand j’écris, on dirait que je tape des mots sur mon ordinateur, mais en réalité, je les mets dans un programme de dessin et je les déplace à l’écran, sur la page. En faisant cela, Je crée un champ visuel pour chaque page. Je ne commence pas par dessiner, je dessine plus tard. Mon cerveau fonctionne ainsi il associe toujours les mots et les images. » Alison Bechdel

Un rapport au corps apaisé

« Il y a une chose qui ne me pose pas de problème dans la vie, c’est mon rapport à mon corps. Bien sûr, j’ai eu toutes les folies féminines classiques, mais le fait d’avoir fait mon « coming out » en tant que lesbienne très jeune, m’a permis de me détacher de toutes ces questions. Puis, vers 20 ans, je me suis lancée dans une thérapie ce qui m’a permis de mieux comprendre comment le corps contient des émotions et cela m’a également permis de tisser un lien assez fort avec mon corps physique. Même avant la thérapie, il y a eu ma formation en arts martiaux. J’ai étudié le Karaté de façon très intensive pendant 4 ans, dans une école de karaté pour femmes. C’était super de le pratiquer avec d’autres femmes, et d’avoir ce sentiment de revendiquer notre force. » Alison Bechdel

Archives

Jack Kerouac en 1967, émission le Sel de la Semaine, Radio Canada

Art Spiegelman, émission L’heure bleue, Laure Adler, France Inter, 10/11/2021

Karlfried Graf Durkheim, émission Les vivants et les dieux, Claude Mettra, France Culture, 17/01/1977

Jean-Marc Rochette, émission Par les temps qui courent, Romain de Becdelièvre, France Culture, 07/05/2018

Références musicales

Jack Kerouac, Sur la route

Yelle, Karaté

Art Tatum, Song of vagabonds

Paru en premier sur Radio France

Plus d’info sur le site de Radio France

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