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Diaty Diallo : « A un moment, Je me suis demandé si la fiction était le bon outil pour raconter la violence »

categorie litterature Diaty Diallo : "A un moment, Je me suis demandé si la fiction était le bon outil pour raconter la violence"

Dans une ville de banlieue parisienne, quatre garçons se connaissent depuis toujours. Suite à un énième contrôle policier, un jeune homme est abattu. Un soulèvement collectif se prépare.

Z Diaty Diallo : "A un moment, Je me suis demandé si la fiction était le bon outil pour raconter la violence"

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Des paysages pour évoquer les corps qui y vivent

« Les paysages de ce roman sont des paysages relégués. On ne sait pas vraiment où l’histoire se passe, c’était une manière pour moi de brouiller les pistes, et de laisser le lecteur se créer son propre imaginaire à partir de ce que je proposais. Néanmoins, les endroits que je décris sont assez identifiés, je parle de dalles, de passerelles, de parkings, de friches, ce sont des mots qu’on utilise beaucoup quand on parle de rénovation urbaine. En fait, ce sont des endroits qui habillent la ville et qui la font vivre, et en les décrivant, je voulais évoquer celles et ceux qui les connaissent par cœur et que j’appelle les cartographes de l’invisible.

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Dans ce roman, j’ai tout d’abord conçu des espaces, j’ai ensuite créé des personnages qui habitent ces espaces, puis je me suis rendue compte que j’avais des idées et des concepts que je voulais défendre, mais je n’avais pas d’histoire. Un roman sans histoire, c’est un peu compliqué. Du coup, comme j’étais également intéressée par la façon dont certains corps sont stigmatisés dans certains espaces, et celle dont ils subissent la répression d’un groupe dominant, j’ai décidé de créer l’événement de l’interpellation. » Diaty Diallo

Une fiction qui transcende les positions sociales

C’est difficile de faire de la fiction à partir d’un existant aussi horrible, parce que ça interroge le droit à le faire. J’ai dû travailler sur moi-même, en tant qu’autrice, pour restituer la violence sans tomber dans le spectaculaire. A l’écriture de ce livre, j’ai eu de grands moments de parano au moment où j’ai dû concevoir de la fiction à partir de phénomènes qu’on voit tous les jours. Je ne voulais pas trahir mes communautés politiques, les personnes racisées impactées directement. Je me suis demandé si la fiction était le bon outil, et finalement, elle m’a été salutaire. La fiction a été l’endroit où je me suis permis de formuler des hypothèses, d’inventer, de transcender les positions sociales et de rêver, tout simplement. Diaty Diallo

Références musicales

Jeff Mills, The bells

Trentemoller, Church of trees

Le Juiice, Drip en stock

Paru en premier sur Radio France

Plus d’info sur le site de Radio France

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