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Cristian Mungiu : « Avec cette histoire d’un village de Transylvanie, j’essaie de raconter le monde »

categorie litterature Cristian Mungiu : "Avec cette histoire d'un village de Transylvanie, j’essaie de raconter le monde"

À la veille des fêtes de Noël dans un village de Transylvanie Matthias rentre retrouver son fils, son père et son ex-petite amie. La vie en communauté du village semble perturbée par l’arrivée de travailleurs étrangers. Un film qui met en lumière les angoisses des adultes face à l’autre, à la figure de l’étranger qui ne peut dans leurs esprits qu’être un ennemi.

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Un espace de réel

« Lorsqu’on fait des films inspirés du réel, on se doit de comprendre quelles sont les données de la réalité. Pour moi, il s’agit d’un continuum de temps qui passe, c’est pour cela que je tourne toujours en plan-séquence. Malheureusement, nous n’avons pas accès au montage dans nos vies, on doit survivre aux petits moments sans gloire. L’autre chose qui compte beaucoup est que la réalité n’est pas assez structurée ni assez organisée. Alors je fais un effort à la fin du film, après la clarté, de laisser une sorte d’ambiguïté, un mystère, car nous ne faisons pas que des choix rationnels dans nos vies, c’est toujours le résultat d’un contexte, d’une émotion, des choses qu’on ne contrôle pas. Nous ne sommes pas toujours rationnels, et si l’on veut respecter la réalité, il faut laisser de la place à ça. R.M.N. est un film qui essaie de parler de choses abstraites et au cinéma on doit tourner avec des choses très concrètes. La difficulté pour un réalisateur est de trouver l’équivalent visuel de ce qu’il veut dire, c’est pour ça qu’à la fin le film est interprétable. » Cristian Mungiu

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Z Cristian Mungiu : "Avec cette histoire d'un village de Transylvanie, j’essaie de raconter le monde"

R.M.N.
R.M.N.

– © MobraFilms – Le Pacte

La tension animale

« J’ai cherché un petit village entouré par les forêts car j’avais besoin de parler d’un endroit où les traditions sont fortes, un endroit où l’on se sent menacé par l’obscurité qui nous entoure. J’ai cherché dans la tradition roumaine, et j’ai trouvé ces gens qui s’habillaient en ours, ça me permettait de parler de cette nature ambivalente, entre être humain et animal, que nous possédons. Lorsqu’on s’habille en ours, on essaie aussi de contrôler l’animal à l’intérieur. Les chevaux, eux, parlent des nouvelles migrations. Aujourd’hui nous ressentons que le monde change, les gens ont le droit de voyager. Jadis, c’était plus simple de savoir si les gens qui venaient de l’autre colline étaient des ennemis, ils n’étaient pas des touristes. Aujourd’hui, c’est plus compliqué de savoir, et le film parle de ça, de cette nécessité à avoir une vraie conversation pour comprendre l’autre. » Cristian Mungiu

Archives

Michel Wieviorka, émission « La suite dans les idées », 2004.

Wong Kar Wai, émission « Hors champ », 2013.

Lectures

« Croire aux fauves » de Nastassja Martin par Romain de Becdelievre, « Par les temps qui courent », 2019.

Références musicales

Shigeru Umebayashi, Thème musical du film In the mood for love.

Mady Mesple, Flower Duet.

Paru en premier sur Radio France

Plus d’info sur le site de Radio France

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