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Carte Blanche Musicale de Pierre Ducrozet

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Dans son dernier roman, Les variations de Paul (Actes Sud), Pierre Ducrozet raconte l’histoire des membres d’une famille unie par leur rapport intime à la musique, et traverse une histoire de la musique du XXème siècle. Au micro de Mathilde Wagman, il s’est prêté au jeu de la carte blanche musicale en répondant au questionnaire que nous lui avons adressé. Il nous fait ainsi découvrir les musiques qui raconte son rapport au monde, au son et à l’époque.

Quel morceau vous fait penser à quelqu’un.e que vous aimez ou que vous avez beaucoup aimé  ?

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« On Melancholy Hill de Gorillaz. Cette chanson nous accompagne, ma compagne julietta et moi depuis 12 ans. Pour moi, elle à la grâce, la fantaisie et l’élan qu’a justement Julietta. De toute façon, toutes les chansons sont des histoires d’amour ou d’amitié. Cette chanson porte mon histoire d’amour, et je ne peux pas l’écouter dans la rue sans sautiller et sourire. »

Quel morceau évoque l’apprentissage de la musique si vous elle vous a été enseignée ?

« On ne se ressemble pas, de Jean René. En fait, il s’agit d’une chanson de mon père Jean René. J’ai 5 ans, on frère en a 7, et on chante sur son deuxième album. Il est chanteur pour enfants depuis 40 ans, et pendant des années on a chanté sur ses albums, sur scène, à l’Olympia ou ailleurs. Alors, je peux dire que la musique on me l’a donné, je ne l’ai apprise que plus tard. »

Quel morceau évoque votre plus ancien souvenir d’émotion musicale ?

« Mozart, Concerto pour piano 21, en C majeur, K.467, Andante. Mozart, c’est ce qui remonte le plus profondément en moi. Il représente l’enfance, ma mère et mes grands-parents autrichiens, et Vienne. Mon grand-père était pasteur et son église était juste à côté de l’opéra. Aujourd’hui, j’entends encore Mozart, il fait partie de mon enfance, et je crois que Mozart c’est la perfection et la légèreté de l’enfance. Sa musique est d’une simplicité extrême et d’une virtuosité totale : c’est ce à quoi chaque artiste aimerait arriver. »

Quel morceau vous fait immédiatement vous lever de votre chaise pour danser ?

« NY Excuse de Soulwax. C’est un duo de DJ belges et j’ai dansé sur leur musique pendant 15 ans. Il m’a accompagné durant toutes mes années barcelonnaises et berlinoises. Leur musique est un gros mélange des genres et puis cela représente le dance floor, la nuit et la rage. Dans ces chansons on entend le souffle, les transpirations, les corps : la techno-électro est une expérience du corps avant tout. »

Quel morceau vous impressionne ?

« We can work it out des Beatles. Je ne comprends toujours pas pourquoi les chansons des Beatles sont aussi belles, aussi limpides, virtuoses et puissantes. Pour moi, c’est, comme pour Mozart, le mystère de la ligne claire. Comme je le dis dans mon livre, c’est la pierre de Rosette du siècle, il y a un miracle autour de ce groupe. Leurs chansons font également partie de mes premiers souvenirs musicaux. Je me souviens les avoir entendus lors de trajets en voiture et de m’être dit que c’était vraiment très beau : je n’ai toujours pas épuiser cette beauté-là. »

Quel morceau compte tant pour vous, aujourd’hui, que vous avez envie de l’évoquer ?

« From the mouth of Gabriel de Sufjan Stevens. Cette chanson me touche énormément. J’ai l’impression qu’elle m’ouvre en deux. Elle dit toute ma sensibilité et révèle à la fois une sorte de fêlure et de puissance, comme un double soleil. Cette chanson suit une courbe incroyable : elle monte, elle descend, elle explose et se rassemble. Il y a en elle les deux yeux de Paul, celui qui sourit et celui qui pleure. »

Quel morceau dit quelque chose de l’époque ?

« Saoko de Rosalía. Rosalia a trente ans et c’est un mille-feuille des genres dans tous les sens du terme. Il y a une liberté dans cette génération où tout peut être mêlé : virtuosité avant-gardiste et mainstream. Elle n’a aucun complexe et une liberté extrême dans ce qu’elle fait en musique ainsi qu’avec son corps. Rosalia est puissante radicale et ambitieuse artistiquement, tout en étant accessible à tous. Elle incarne parfaitement cette nouvelle vague exaltante. »

Références musicales

Gorillaz, On Melancholy Hill

Jean René*, On ne se ressemble pas*

Mozart, Concerto pour piano 21 en ut majeur, Andante K.467, interprété par l’Orchestre de chambre d’Europe dirigé par Claudio Abado, avec Maria Joao Pires au piano.

Soulwax, NY Excuse

Les BeatlesWe can work It out

Sufjan Stevens,** From the mouth of Gabriel

RosaliaSaoko

RosaliaHentaï

Paru en premier sur Radio France

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