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Ruth Zylberman : « Je suis ressortie de mon film plus fragile mais accompagnée »

categorie litterature Ruth Zylberman : "Je suis ressortie de mon film plus fragile mais accompagnée"

À l’aide d’archives et de documents iné dits de la police secrète d’URSS, Ruth Zylberman retrace la trajectoire complexe de trois hommes : Rudolph Slansky, Rudolph Margolius, Arthur London, accusés de crimes imaginaires anticommunistes et contraints de faire l’aveu public de leur culpabilité, lors du procès de Prague en 1952.

2Q== Ruth Zylberman : "Je suis ressortie de mon film plus fragile mais accompagnée"

Rudolf Margolius dans le documentaire "Le Procès Prague 1952"
Rudolf Margolius dans le documentaire « Le Procès Prague 1952 »

– Ruth Zylberman

Comprendre sans juger

« L’accès aux archives a été relativement simple puisqu’elles avaient déjà été mises en ligne par les archives nationales tchèques. Elles étaient donc consultables par tout le monde ce qui était un problème, parce que ce sont des archives compliquées historiquement. Elles comprenaient évidemment un ensemble de notes mais sans appareil critique très élaboré. De même, les archives papier étaient également numérisées. Donc, le matériel n’a pas posé de problème, ce qui était plus sensible, c’était d’aller voir les enfants des accusés, mais je voulais comprendre les trajectoires de leurs parents, ce qui c’était passé également pour eux. J’ai cherché un moyen de tirer les deux fils de cette histoire. »

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Scruter des visages porteurs de toutes les hypothèses

« Au début, quand j’ai eu accès à ces archives, je ne les comprenais pas, et je regardais juste les visages. J’ai remarqué qu’ils étaient rarement filmés de face, afin qu’on ne capte pas leurs yeux : il ne fallait pas qu’on puisse avoir accès à l’humanité de ces hommes. Le travail de scrutation que j’ai fait et que j’espère, chaque spectateur va faire, est le processus du film. J’ai voulu qu’on regarde ces visages cachés, car c’est là que se passent toutes les hypothèses : la fidélité au parti, la peur, la crainte pour la famille et aussi la folie. »

Filmer la fragilité humaine

« Je me suis résolue à faire ce film, parce que j’étais animée par la conviction de la fragilité de l’être humain, fragilité dont nous pouvons tirer des enseignements aujourd’hui. Je trouve qu’il est important de voir comment notre rapport à la vérité est fragile, comment notre rapport au conformisme et à la peur est capital, et comment on peut être dégommés par des choses que l’on pense inaltérables. »

Archives

Artur London, émission TV, 1969

Abbas Kiarostami, émission Hors champs, Laure Adler, France Culture, 12/09/2012

Références musicales

Albinoni, Adagio, arrangement de Jean Ledrut

Paru en premier sur Radio France

Plus d’info sur le site de Radio France

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