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Guillaume Lebrun : »Pour cette fantaisie moyenâgeuse, j’ai créé une langue accessible et foutraque »

categorie litterature Guillaume Lebrun :"Pour cette fantaisie moyenâgeuse, j’ai créé une langue accessible et foutraque"
1200x680 lebrun guillaume 1 c mathieu rolland Guillaume Lebrun :"Pour cette fantaisie moyenâgeuse, j’ai créé une langue accessible et foutraque"

Au XVe siècle, alors que le royaume de France est en proie à différents conflits opposant les Armagnacs, les Bourguignons et les Anglais, Yolande d’Aragon rassemble et forme quinze petites filles afin d’en faire des prophétesses. Jehanne, la meilleure d’entre elles, est destinée à libérer Orléans et à contribuer ainsi au sacre du roi. Porté par une langue toute en inventivité, insolence et drôlerie, ce premier roman iconoclaste réinvente l’un des plus illustres épisodes de l’histoire de France.

Rendre justice aux figures historiques féminines

« Yolande d’Aragon est le personnage qui m’a le plus fasciné, celui qui a le plus été minimisé par l’histoire. Elle a mis fin à la Guerre de cent ans toute seule, et on ne lui reconnait absolument pas ce fait, au contraire on la considère comme une manipulatrice. A travers ce livre, j’ai voulu lui rendre justice. L’invisibilisation des femmes dans l’histoire est navrante et étudiée pas des historiennes et des militantes féministes. Souvent, quand on a à faire à des personnages historiques féminins, ils sont toujours semi-légendaires, or, cette manière de les définir est discriminante et minimise leur réel pouvoir. »

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Créer une langue, un bonheur jubilatoire

« Je pense qu’il est fondamental, en tant qu’autrice ou auteur, d’inventer une langue parfaitement nouvelle, cela ne signifie pas qu’on va forcément réussir, mais plutôt ne pas écrire du tout, que d’utiliser la langue officielle, celle de l’hétéro-patriarcat. Créer une langue, c’est créer un monde parallèle qui nous est propre, mais, ce qui est intéressant aussi dans l’écriture et dans le fait d’être publié, c’est qu’on s’aperçoit tout d’un coup que des lecteurs et des lectrices acceptent de rentrer dans notre monde. Avoir trouvé cette nouvelle langue et l’avoir développée est un bonheur jubilatoire. »

Jeanne d’Arc une figure féministe et terrienne

« Pour moi, Jeanne d’Arc n’a jamais été une jeune fille frêle et mystique. La figure de Jeanne d’Arc a été de gauche, de droite, aux Etats Unis c’est une figure féministe reprise notamment par Madonna. En fait, la Jeanne d’Arc qu’on perçoit nous ressemble, et en ce qui me concerne, elle était grosse car je le suis. D’une part, il fallait qu’elle partage quelque chose de mon corps, il fallait qu’elle me ressemble, parce que c’est comme ça que j’avais imaginé cette femme dans laquelle je pouvais me reconnaître. D’autre part, d’un point de vue historique, elle est décrite comme costaude, avec de gros os. Pour moi, Jeanne d’Arc était une femme forte, terrienne, et non une mystique, ce qui en fait une personne extraordinaire dans le contexte du Moyen Age. »

Archives

Monique Wittig, au micro d’Anne Thomas, INA, 4/01/1973

Bruno Dumont, émission L’heure bleue, Laure Adler, France Inter, 10/09/2019

Ursula K. LeGuin, archive diffusée dans l’émission La méthode scientifique, Nicolas Martin, France Culture, 02/02/2018

Références musicales

Chapelier Fou, Horses

BOF Jeanne de Bruno Dumont

Amine, The delivered village with the ending song

Céline Dion, Pour que tu m’aimes encore

Paru en premier sur Radio France

Plus d’info sur le site de Radio France

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