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Nicolas Pariser : « Le cinéma n’est jamais un exercice de maîtrise »

categorie litterature Nicolas Pariser : "Le cinéma n'est jamais un exercice de maîtrise"
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Après Alice et le maire en 2019, Nicolas Pariser revient avec Le parfum vert, une comédie policière qui lorgne autant du côté d’Hitchcock que de Tintin.

Durant une représentation, un comédien de la Comédie-Française meurt empoisonné. Martin (Vincent Lacoste), un jeune membre de la troupe témoin du meurtre, est bientôt soupçonné par la police et pourchassé par une mystérieuse organisation. Aidé par Claire (Sandrine Kiberlain), une dessinatrice de BD, il cherchera à élucider ce mystère au cours d’un voyage très mouvementé en Europe.

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Questionner la droite et la gauche

« Au premier abord, le personnage du méchant dans mon film dit des choses assez justes sur un système qui a promis des choses à nos enfants, à nous-mêmes, et qui n’a pas tenu ses promesses. Je voulais que toutes les trois ou quatre phrases, un élément supplémentaire droitise le discours jusqu’à ce qu’il fasse carrément l’éloge des nations et des dictateurs. C’est un peu le programme politique du film où j’ai envie de montrer que le fascisme a un aspect révolutionnaire et insurrectionnel. Les communistes l’ont longtemps nié, ne l’avaient pas vu. Le personnage dit « on », se place dans une sémantique conspirationniste. On comprend petit à petit que ce complot serait l’œuvre des démocraties européennes et américaines. Je voulais que ce personnage paraisse au départ séduisant, qu’il dise des choses justes. Je pense qu’il faut se poser la question de savoir comment reconstruire la gauche mais il faut aussi s’interroger sur ce que serait un monde sans gauche. Un moment donné, un monde sans gauche est peut-être un monde en guerre. » Nicolas Pariser

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Cinéma et bande dessinée, deux arts frères

« Dans mes films précédents, j’étais dans une veine réaliste. J’essayais, avec mon chef opérateur, de faire quelque chose de beau. Dès mon film Alice et le maire j’ai tenu à tourner en 35mm car j’ai beaucoup de mal avec le numérique. Mais je n’avais pas un désir de stylisation plastique de mes films. Et je déteste en général les films qui imitent des tableaux. Je pense que le cinéma a beaucoup à perdre à imiter un art aussi majeur que la peinture. Alors que s’inspirer plastiquement de la bande dessinée qui est, comme le cinéma, un art plus populaire qui n’a pas d’original fait plus sens pour moi. Ces deux arts se sont côtoyés au XXème siècle, ont connu un développement parallèle. Cela m’a donc paru plus pertinent, peut-être moins prétentieux d’essayer de construire une esthétique de cinéma qui puiserait un peu son origine dans la bande dessinée. » Nicolas Pariser

Réaliser un film sans savoir ce que l’on fait

« Dans mes films, il n’y a aucune part d’improvisation sur le texte ou sur le décor mais sur les intentions que je peux avoir sur le moment. De toute façon, on fait ce qu’on peut. Je dirai que tout discours sur la maîtrise au cinéma ne voit pas où est le cinéma. Ce n’est pas du tout un art de la maîtrise. Le dessin et la musique non plus d’ailleurs. Les plus grands réalisateurs et les plus grandes réalisatrices ne savent pas ce qu’ils et elles font. C’est d’ailleurs pour ça qu’on peut, du jour au lendemain, devenir très mauvais. On fait ce qu’on peut pour essayer de protéger l’idée de départ qu’on a. Parfois on y arrive et d’autres fois ce n’est pas le cas. On est comme un petit papier dans le caniveau. On vogue. » Nicolas Pariser

Archives :

Hergé, émission Radioscopie, Jacques Chancel, France Inter, 19/01/1970

Claude Chabrol, émission Paradoxes, Gisèle Parry, France Culture, 24/03/1970

Références musicales :

Benjamin Esdraffo, La Commission Européenne, bande originale du Parfum Vert de Nicolas Pariser

Fred Pallem et le Sacre du Tympan, L’amour du disque

Paru en premier sur Radio France

Plus d’info sur le site de Radio France

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