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Yann Dedet : « Le montage ressemble beaucoup à la sculpture »

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1200x680 dedet yann p o l.jpg Yann Dedet : "Le montage ressemble beaucoup à la sculpture"

Monteur de Maurice Pialat, de François Truffaut, de Jean-François Stévenin entre autres, Yann Dedet revient ici sur l’apprentissage de son artisanat dans les laboratoires de cinéma L.T.C, dans les années 1960.

Les secrets d’un laboratoire labyrinthique

« Mon livre est vraiment pensé comme la valorisation des petites mains. Les laboratoires de cinéma sont aussi des labyrinthes. Il y a beaucoup de couloirs, d’étages. Et la structure du livre correspond très exactement à la temporalité de mon stage aux laboratoires LTC. Il y a des services dans lesquels je ne suis pas allé. Mon livre suit le trajet tout à fait réel que je faisais quand je travaillais là-bas : de la pointeuse au développement, puis au tirage, à l’étalonnage etc. Il y a dix-huit services au total au laboratoire ce qui est énorme. Et à part les secrets de fabrication du service « trucage » où on n’avait pas le droit d’aller, j’ai été à peu près partout. Le service « stock » était interdit aussi. C’est la grande pyramide et les trésors du Pharaon. » Yann Dedet

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Un rapport physique au monde avec la pellicule

« En passant de la pellicule au numérique, nous avons perdu un sens de la réalité. Quand on tient un bout de pellicule en écartant les bras on sait que cela représente cinq secondes de temps. On avait donc des rapports de mathématiques, de distance et de matière. J’ai beaucoup souffert en attaquant le numérique, comme si tout à coup, la campagne devenait symbolique avec un bouton où il y a marqué « arbre ». Un monde codé, surcodé, très froid et désagréable. Et puis peu à peu, j’ai appris à me servir du numérique, j’ai joué avec et commencé à inventer le coloriage. Ce que les monteurs bizarrement ne font pas c’est-à-dire que je colorie chaque plan d’une couleur différente sur la time line qui figure la totalité du film. » Yann Dedet

Les bienfaits du montage dans l’écriture

« Quand j’écris, dès que quelque chose ne va pas, je fais du montage. C’est extrêmement bénéfique. Vous avez beau changé de place un chapitre ou une scène, si c’est mauvais, cela passe sans aucun doute à la poubelle. Et quelques fois, les rencontres des séquences qui se cognent sur les pages et qui ne devaient pas se cogner s’améliorent l’une l’autre. Ces moments-là sont formidables, ils donnent le goût d’aller plus loin dans l’écriture. Le montage éclaircie le point de vue sur toutes les choses : ce qui a avant et après, les trous dont sont parties les scènes. C’est une pratique et une gymnastique de pensée salutaire et éclairante. » Yann Dedet

Archives

Sarah Lefèvre et Clara Ries, documentaire du collectif Transmission sur le laboratoire de cinéma Éclair, 07/07/2022

Claire Denis, émission Un jour singulier, Geneviève Ladoues, France Culture, 10/03/1996

Jean-François Stévenin, émission À voix nue : grands entretiens d’hier et d’aujourd’hui, Mathilde Wagman, France Culture, 24/01/2018

Références musicales

Brad Meldau, Henri’s Lament

Tindersticks, La passerelle

Léo Ferré, Les chercheuses de poux

François de Roubaix, Touch me not Eleonor’s theme

Paru en premier sur Radio France

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