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Bérengère Cournut : « Je ne cherche pas l’étrange en littérature mais quand il arrive je suis ravie »

categorie litterature Bérengère Cournut : "Je ne cherche pas l'étrange en littérature mais quand il arrive je suis ravie"

Une mère de famille revient à la maison, après avoir mystérieusement disparu, sous la forme d’une source d’eau. Bérengère Cournut nous fait entrer dans un monde qui oscille entre la vie quotidienne d’une famille et la force des rêves qui l’habite. Cet entretien est le premier épisode de « Par les temps qui courent » dans le cadre de l’étrange Noël de France Culture.

Z Bérengère Cournut : "Je ne cherche pas l'étrange en littérature mais quand il arrive je suis ravie"

L'étrange Noël de France Culture
L’étrange Noël de France Culture

– France Culture

L’étrange dans les lectures et l’écriture

« En littérature, je ne cherche pas forcément l’étrange mais quand je le rencontre, ça me réjouit. Quand je lis, si je ne le rencontre pas je suis déçue car j’aime être déstabilisée. Dans des lectures où je comprends tout du premier coup, si on m’explique trop bien, je vais être un peu déçue. Et en écriture, quand je me mets en marche je ne sais pas où je vais. Si j’arrive dans des territoires qui ne sont pas étranges, qui ne me surprennent pas, je me dis que j’ai raté quelque chose. J’évite d’y aller et je peux même reculer pour partir dans une autre direction. Je ne vais pas aller chercher l’étrange exprès. De fait, je lis des contes où souvent il y a de l’étrange, des choses qui ne sont pas expliquées rationnellement. Je tisse toujours un peu les mêmes thèmes dans mes romans : la disparition, la mort, l’éloignement et l’évolution des corps qui est un genre d’impensé chez moi. » Bérengère Cournut

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Agencer l’écriture comme les rêves

« J’ai toujours beaucoup écrit les rêves. Il n’y a pas un seul de mes livres où le rêve d’intervient pas. Et je m’aperçois que j’agence les choses comme le rêve le fait aussi. Il agence des éléments de réalité d’une façon souvent très inattendue, des télescopages qui créent un nouveau sens. Je me rends compte que je fais vraiment ça dans l’écriture. Je m’en suis longtemps cachée mais dans tous mes livres se trouve une matière de l’intime extrêmement forte qui est mêlée à de l’intime que je perçois en dehors de moi. Aussi, parfois, à des mouvements plus profonds de société ou de collectifs. Je me rends compte que le rêve est quelque chose de massivement collectif mais qu’on ne partage pas. Malgré tout, c’est quand même quelque chose qui nous arrive à tous. Et même si c’est une étape, je pense avoir trouvé là-dedans la matrice de mon écriture. » Bérengère Cournut

Z Bérengère Cournut : "Je ne cherche pas l'étrange en littérature mais quand il arrive je suis ravie"

Couverture du livre Zizi Cabane de Bérengère Cournut
Couverture du livre Zizi Cabane de Bérengère Cournut

– éditions du Tripode

Une maison d’enfance qui infléchit l’histoire

« L’écriture transforme beaucoup. Et c’est encore plus manifeste pour moi avec ce roman Zizi Cabane parce que la maison présente que je sape rigoureusement et consciencieusement est celle de mon enfance. Je dois dire que j’ai pris un certain plaisir à le faire dans le sens où je parle de souvenirs extrêmement familiers comme le bruit du carrelage ou de la chaudière. Je pense que plus j’ai écrit plus la maison a inspiré et même infléchi l’histoire d’une façon sensible. Certaines parties de la maison ont donné certaines couleurs à l’histoire, certaines tonalités. Je me suis aussi aperçue que selon l’étage où l’on se trouve les émotions ne sont pas les mêmes. Cela m’a beaucoup réjouie, quand j’ai revu des gens qui ont connu et sont passés très brièvement par cette maison, de voir qu’ils étaient impressionnés par les même choses que dans mon livre. Notamment les sensations produites par le petit ruisseau. » Bérengère Cournut

Archives :

Erri de Luca, émission La Grande Table, Olivia Gesbert, France Culture, 16/02/2022

Cécile Coulon , émission Affaires culturelles , Arnaud Laporte, France Culture, 03/02/2022

Références musicales :

Dominique Petitgand, 1/79

James Holden, Lumpette

Marie Lattimore, We wave from our boats

Odetta, Sometimes I feel like a motherless child

Paru en premier sur Radio France

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