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Vladimir Léon :  » Quand on fait du cinéma documentaire, le réel n’existe pas »

categorie litterature Vladimir Léon : " Quand on fait du cinéma documentaire, le réel n’existe pas"

Pierre et Vladimir sont deux frères qui pensent que leurs grands-parents russes habitant à Paris faisaient partie des services secrets soviétiques dans les années 1930 et 1940. Ils entreprennent un voyage en Russie pour faire ressurgir le passé troublant de leur famille.

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Percer le secret du destin familial

« Nous avons voulu nous plonger, mon frère et moi, dans le destin de mes grands-parents, dont nous n’avions que des versions familiales. Ils avaient été expulsés de la France vers l’URSS par la DST en 1948, et pour la famille, ils l’avaient été par la grande propagande anti-communiste. Mes grands-parents ont été envoyés travailler à Kirs, une petite ville à 800 kilomètres à l’Est de Moscou. Mais contrairement à d’autres russes qui étaient retournés en Union Soviétique, ils n’ont pas été déportés. En grandissant je me suis demandé pourquoi mon grand-père n’avait pas été arrêté, puisqu’il avait été dans l’armée blanche. Ca a été le début d’une petite recherche, et l’idée d’en faire un film est venue. »

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Z Vladimir Léon : " Quand on fait du cinéma documentaire, le réel n’existe pas"

Photo de famille - film "Mes chers espions" de Vladimir Léon
Photo de famille – film « Mes chers espions » de Vladimir Léon

– DR

Doit-on tout transmettre de son passé ?

« Au-delà du fait que mes grands-parents auraient pu être des espions, ce qui m’intéressait c’était surtout de savoir ce qu’on avait voulu nous transmettre. A ma grande surprise, ce que j’ai découvert, c’est tout ce qu’ils se sont cachés à eux-mêmes, et à ceux qui venaient après. Peut-être que pour eux, ne pas tout dire était une façon d’aider les autres à avancer. La question qui se pose est : comment transmettre la douleur, et doit-on la transmettre ? »

Revisiter une histoire difficile avec le sourire

« La possibilité d’en sourire est une chose qui traverse toutes les histoires tragiques. Un des grands bonheurs du cinéma documentaire est de pouvoir attraper, dans un même plan, une gravité de l’évocation du passé et un présent qui résiste. Cela m’a toujours semblé la façon la plus juste de faire quelque chose avec l’histoire : évoquer des choses tragiques et en même temps, passer par le micro-événement, ou la toute petite chose humaine qui fait notre vie. »

2Q== Vladimir Léon : " Quand on fait du cinéma documentaire, le réel n’existe pas"

"Mes chers espions", film de Vladimir Léon, 2022
« Mes chers espions », film de Vladimir Léon, 2022

– DR

Archive, cinéma et espace-temps

« Les archives m’ont toujours beaucoup ému. J’aime les objets qui incarnent physiquement un espace-temps. Une feuille jaunie, des traces sur une pellicule sont des éléments sensibles qui nous rappellent que tous les temps ne sont pas équivalents. Les archives sont des objets qui rappellent la complexité du récit historique. Ils sont, à la fois, des bribes d’un espace-temps donné, mais ils vont également être chargés de tous les regards successifs portés sur eux. Pour moi, l’archive est un pont entre les temps, que le cinéma documentaire utilise, en devenant une potentielle archive de lui-même. »

2Q== Vladimir Léon : " Quand on fait du cinéma documentaire, le réel n’existe pas"

Vladimir Léon
Vladimir Léon

– Erika Badalyan

Archives

Luba Jurgenson, émission Par les temps qui courent, Marie Richeux, France Culture, 7/03/2022

Arlette Farge, émission Du jour au lendemain, Alain Veinstein, France Culture, 01/02/2000

Références musicales

Polina Agoureeva, Mon petit

Vladimir Vissotsky, La fin du bal

Paru en premier sur Radio France

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