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Cécile Ladjali : « Un roman, c’est un immense vibrato de tout ce qui nous échappe ici-bas »

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1200x680 ladjali cecile dr new.jpg Cécile Ladjali : "Un roman, c’est un immense vibrato de tout ce qui nous échappe ici-bas"

En 2019, en Israël, Tom, psychiatre, compte parmi ses patients un vieux harpiste en lutte contre ses psychoses et une Palestinienne en plein déni de grossesse. Passionné par l’inaudible et la perception intra-utérine des bébés, il est convaincu d’avoir entendu, depuis le ventre de sa mère les drames qui se jouaient à ce moment-là.

La nuit est mon jour préféré de Cécile Ladjali est paru aux éditions Actes Sud

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La voix, une métonymie de l’humain

« Pour moi, le texte littéraire est avant tout une partition musicale. C’est de la musique, un rythme, une harmonie. Quand je relis mes textes avant de les envoyer à l’éditeur, je le fais à voix haute, je tape du pied, je scande : c’est très sonore. Je n’ai pas un bon œil, mais j’ai une bonne oreille. De plus, je pense que les voix sont une métonymie de l’humain. Le personnage c’est un tout, et quand je crée un roman, ce que j’ai, au départ, ce sont les voix des personnages. Ensuite, je les incarne, j’invente une silhouette, puis un corps, des vêtements, etc…La voix me semble être le réceptacle idéal de la notion de personnage. »

Faire un roman de ses expériences

« Pour écrire ce livre je me suis bien sûr documentée sur la vie in utero, et j’avais lu des ouvrages de Boris Cyrulnik, mais quand on écrit un roman, il ne fait pas se lester avec trop de documents, sinon, on écrit une thèse avec des notes de bas de pages : il faut se laisser aller à ses intuitions. Je n’ai aucune imagination, c’est pour cela qu’en fait, dans mes romans, je parle de moi, de mes expériences, et de mes interrogations. »

L’écriture romanesque comme expérience de l’altérité

« Mon roman parle de l’incommunicabilité, mais, Je suis professeur, j’ai donc la maladie de l’espoir et je pense qu’on peut dialoguer réellement les uns avec les autres, mais pour cela, il faut savoir écouter, s’effacer, et cesser d’être enfermé en nous-mêmes. La clé de la porte qui nous enferme, c’est la parole de l’autre. Celui qui pourra nous délivrer de nos certitudes, de nos obsessions et de notre narcissisme, c’est l’autre, celui qui est différent, celui qui nous fait peur et qu’on n’aime pas forcément. En fait, écrire un roman, c’est faire l’expérience de l’altérité. »

Sans les mots, pas de liberté possible

« Je pense que, sans les mots, rien de bon ne peut advenir, je ne cesse de le dire à mes étudiants. Il n’y a pas de bonheur, de fierté, d’estime de soi possibles, ni de liberté possible, sans le langage, sans une syntaxe maîtrisée et un lexique suffisamment riche pour pouvoir dire qui on est, ce que l’on veut, et surtout, pour que le malentendu ne s’installe pas. »

Archives

Boris Cyrulnik, émission Hors champs, Laure Adler, France Culture, 03/12/2012

John Berger, émission A voix nue, Elisa Mantin, France Culture, 11/1989

Linda Lê, émission For Intérieur, Olivier Germain-Thomas, France Culture, 21/04/2002

Références musicales

Björn Meyer, Provenance

Rodolphe Burger, S’envolent les cigognes (Hommage à Mahmoud Darwich)

Anouar Brahem, Ashen sky

Paru en premier sur Radio France

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