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Raphael Haroche et Françoise Fabian

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Raphael Haroche et Françoise Fabian

Raphael Haroche

Roman : Avalanche

« Le zombie, bien sûr, c’est mon Nicolas qui se tient au centre du cercle de la cour du rocher, à genoux, courbé, rachitique, sa colonne dessinant un z, tordue comme le dos flagellé d’un martyr, semblant servir de paratonnerre à l’orage qui tarde à venir, à la colère de l’internat, sa république d’enfants cruels. Mon Nicolas avec sa morphologie bizarre, dérangeante, exposée aux yeux de tous, créature qu’on pensait éteinte, disparue dans les forêts de Lituanie et de Pologne avec les golems et les dibbouks. »

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Automne 1989. Après l’accident de voiture qui a coûté la vie à sa mère, un collégien en perte de repères intègre avec son petit frère un pensionnat pour familles riches, perché sur les flancs d’une montagne. Plus rien ne sera comme avant.

Entre éclairs de tendresse et débordements de cruauté, ce roman singulier et mélancolique est une chronique bouleversante de l’adolescence.

Créer un mythe personnel

Troisième livre et premier roman, Avalanche, roman d’apprentissage et roman familial traversé par Bowie, les Smiths, les Pixies, Chopin et « La Pavane pour une infante défunte »Comment se construire en 1989, quand un monde et un mur s’effondrent ? Ce premier roman arrive après deux recueils de nouvelles, toujours chez Gallimard, Retourner à la mer en 2017, Goncourt de la nouvelle et Une éclipse en 2021 : « J’ai une passion pour les nouvelles. C’est comme un court-métrage par rapport au long-métrage. Les plus belles choses que j’ai dans ma vie, ce sont des des nouvelles, celles de Tchekhov, de Kafka ou de Joyce, j’ai adoré la nouvelle « Les Morts » de Georges Perec aussi. Après, l’idée de rester avec des personnages pendant un an, deux ans sur la table de sa cuisine à écrire, vivre avec eux, voir ce qu’ils allaient devenir, c’est une manière de créer un mythe personnel. »

Un roman avec les événements de 1989 en toile de fond

Dans ce premier roman d’apprentissage qui se déroule en 1989 avec en toile de fond Pinochet qui perd le pouvoir, la chute de Ceausescu et celle du Mur Berlin, Raphaël a décidé de raconter l’histoire de personnages née en 1975 et donc qui n’ont pas l’âge de son auteur : « Je suis entre les deux, l’un est un petit garçon de 12 ans et l’autre en a 16. J’avais 14 ans en 1989, ça me permet d’être les deux personnages à la fois. Pour moi, 1989 représente un changement profond dans le monde, où toutes les certitudes qu’on avait d’un monde qui paraissait presque éternel celui de la guerre froide, le rideau de fer qui ne tomberait jamais, l’idée que les Tchèques vivraient 3 000 ans sous domination soviétique, et finalement en deux semaines, tout s’est effondré. C’était merveilleux et très étonnant. C’était aussi un âge de l’apprentissage de plein d’autres choses personnelles. »

Un récit autour de deux frères

Dans ce roman, le narrateur s’appelle Leonard, il a seize ans. Son frère Nick, douze ans. Envoyés par leur père dans une pension huppée en Suisse, l’Institut du Rocher. Le père est absent depuis la mort de leur mère, Suzanne Klein. Cette disparition va planer sur l’histoire de ces deux adolescents boursiers confrontés à un monde de fils de riches qui n’est pas le leur, eux qui sont élevés par leur babouchka qui parle comme une réfugiée, alors même qu’elle a quitté Odessa il y a un demi-siècle, mal fringuée, tignasse rouge flanquée de sacs en plastique et qui parle yiddish. Un poids lourd pour Léonard qui connaît la honte du transfuge de classes. Dans ce collège de fils et de filles de riches, il y a Alexia, dit la Tsarine, très entreprenante sur le plan sexuel. Il y a aussi Stefano, un gamin borderline qui conduit la limousine du chauffeur de son père et braque un ouvrier sur un chantier pour lui tirer une gamelle. Le récit fonctionne par scène. Léonard va connaître les premiers émois sexuels, sentimentaux, la colère des inégalités sociales, la difficulté de laisser son petit frère, pianiste de génie, se faire bizuter, car c’est comme cela qu’on est accepté par la société. Un récit qui avance jusqu’au dernier épisode révélateur qui donne son nom au roman.

Par Jupiter !

50 min

Françoise Fabian

Spectacle : Marcel

Le chef-d’œuvre de Marcel Proust est connu de tous, mais il est souvent considéré comme difficile à lire. Pourtant, ceux qui se plongent dans ses mots sont souvent profondément touchés par la puissance et la richesse de sa langue. MARCEL offre l’opportunité à tous de s’approprier les mots de Proust et nous invite à réfléchir sur notre propre compréhension du temps et de la mémoire. Comment nos souvenirs enfouis émergent-ils et quelles traces laissent-ils sur notre vie ?

Jérémie Lippmann a créé une mise en scène accompagnée d’une création sonore et visuelle pour offrir une expérience immersive au spectateur et mettre en évidence toute la dramaturgie de l’œuvre. Avec des jeux de grâce, de voilages, de danse des mots, de musique classique et électronique, MARCEL invite à un voyage inédit et spectaculaire.

Jouer au côté d’Oxmo Puccino

Dans Marcel, Françoise Fabian joue au côté d’Oxmo Puccino : « Je ne le connaissais pas. C’est quelqu’un de très sympathique, de très silencieux et c’est quelqu’un de très travailleur. Il est en train de faire un film, d’écrire des chansons et il va partir en tournée. Il n’arrête pas et c’est extraordinaire.

Son admiration pour l’œuvre de Proust

Françoise Fabian est une grande admiratrice de l’œuvre de Proust : « Jérémie Lippmann sait à quel point je suis en adoration devant l’œuvre de Proust. Je l’ai lu très longtemps. Quand ma fille venait au bord de mon lit, elle me disait « Mais tu lis encore ça ? » Je lui disais que c’était tellement beau. Il y a des phrases de Proust que je ne peux pas encore dire sans pleurer. Ça me bouleverse complètement. La mémoire est involontaire, c’est extraordinaire. Tout ce qui vous arrive dans la vie, vous revoyez des choses que vous avez vécu, vous les transformez, vous les sublimer. Vous retrouvez le sentiment que vous avez eu quand vous les avez vécues. » Mais comment interpréter Proust sur scène ? : « Il faut mettre sa sensibilité en avant. Il ne faut pas se le cacher, il faut savoir ce qu’il a voulu dire et le suivre. Il a un esprit critique extraordinaire et en même temps, il a ce charme incroyable de tout réinventer par le passé, par son passé. »

La chronique de Marion Guilbaud

5 min

Pour en savoir plus, écoutez l’émission…

L’invité de 7h50

9 min

Podcast paru sur France Inter en premier. Pour retrouver tous les

concerts sur France Inter

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