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Category Archives: Environnement

categorie environnement1 Revue de presse de décembre des RABA JOIE
Intro [A lire façon docu-thriller sur BFM 🕵️] Depuis quelques mois, un petit groupe de rebelles se prépare à lancer une campagne de grande ampleur, nom de code : les RABA Joie. Pour se tenir informé.es des actualités de leurs cibles, iels réalisent une veille médiatique implacable. Voici, mois par mois, le résultat de leurs investigations. DECEMBRE 2022 On commence comme chaque mois par notre moyen de transport préféré 🛩️ En ouverture, un petit florilège des plus beaux déplacements de ce mois : Emmanuel Macron fait deux allers-retours au Qatar en 3 jours pour assister aux deux derniers matchs de l’équipe de France ⚽. Bilan : 480 tonnes de CO2 et 500.000 euros. Les stars américaines Kylie Jenner et Travis Scott font jet à part pour un voyage entre la Floride et la Californie. Parce que l’espace, dans un couple, c’est important. Le couple royal le plus en vue du Royaume Uni, Harry et Meghan, se rendent en jet privé à New York pour le lancement de leur propre série Netflix. Le Real Madrid fait plus fort que le PSG en empruntant un jet pour un trajet de 20 minutes. Patrick Drahi voyage en toute simplicité, un jus de carotte à la main, pour émettre jusqu’à 100 tonnes de CO2 en 22h (trajet effectué fin 2021, données révélées en décembre suite aux fuites de données d’Altice). Et le bilan carbone annuel de 40 célébrités internationales. Un article quelque peu hameçonneur, mais instructif. En plat de résistance, les fabuleuses aventures d’Elon Musk 🚀 sur Twitter : Le 11/12, le créateur du compte de flight tracking @elonjet, traquant comme son nom l’indique le jet d’Elon Musk, publie un tweet dénonçant une visibilité restreinte de ses publications sur le réseau social racheté quelques semaines avant par le milliardaire. Trois jours plus tard, ce même compte, ainsi que plusieurs dizaines d’autres traquant les jets des milliardaires et le compte personnel de son créateur, se voient suspendre. Les arguments avancés en appellent à la protection des données personnelles : “Poster la position géographique de quelqu’un en temps réel viole le règlement sur le ‘doxing’, mais le mettre en ligne en différé est autorisé”, a tweeté Elon Musk pour justifier ces mesures. Quelques instants plus tard, Twitter met à jour ses conditions d’utilisation pour intégrer ces nouvelles règles. De nombreux médias commentent cette décision qui contredit les assurances données lors du rachat du réseau social : en France, les articles de France info, le Républicain Lorrain, RTL, Le Monde, Huffington Post, Capital… Dans la foulée, des comptes de journalistes ayant relayé ou commenté l’information se voient également censurés. La riposte du monde médiatique ne se fait pas attendre et le milliardaire se voit contraint de faire volte-face 24 h plus tard devant un tollé international, notamment de la part de porte-paroles de l’Union européenne et des Nations unies. Il finit par lancer un vote des utilisateurs de la plateforme, à l’issue duquel 57,5% des votants sont favorables à sa démission. Où l’on salue la beauté de la démocratie 🏛️. De son côté, Jack Sweeney revient le 22/12 sur Twitter en publiant dorénavant les déplacements d’Elon… avec 24 h de décalage ✌️ Pour aller plus loin : l’ensemble des ressources compilées par le jeune activiste sont recensées sur son site. 🍰 Quelques douceurs pour finir ? Dans une interview au journal Entreprendre, Eric Trappier (PDG Dassault France) se dit “choqué” du terme “jet privé”, argumentant qu’il s’agit plutôt d’une aviation utilisée “à 80 % par des entreprises et à plus de 10 % par des institutions (missions gouvernementales, militaires, sanitaires…). » Dans sa lancée, il déclare que le “business jet bashing est une question politique et très franco-française”, souhaitant “traiter le sujet de la décarbonation au niveau mondial” en faisant “confiance aux autorités qui […] ont fixé des objectifs”. Avant de s’adresser directement aux écologistes : “concentrez-vous vraiment sur ce qui a un fort impact !”. Message reçu. A Lille, une décision de justice rejette le référé pour faire annuler l’autorisation du préfet pour le projet d’extension de l’aéroport. Décembre, c’est l’heure du bilan : Radio France revient dans cette chronique sur une année marquée par l’émergence du flight tracking, et RMC-BFM diffuse une émission revenant sur le profil des usagers, le marché florissant des jets, et les actions menées contre ce qui devient le symbole insupportable d’un mode de vie dépassé. Un dernier cadeau pour la fin de l’année ? Allez voir cette vidéo d’Emirates pour perpétuer la magie de Noël 🎅 et, pourquoi pas, offrez-vous aux enchères un ancien jet d’Elvis Presley 🎁. 🛥️ Sur l’eau La saison est moins propice aux voyages en mer 👙, mais la suite se prépare avec la construction en Albanie d’une marina de luxe pour super-yachts pour la modique somme de 2,5 milliards d’euros, ou la nouvelle plateforme de méga-yachts de la Ciotat, inaugurée avec émotion le 22 novembre par Patrick Ghigonetto, président de La Ciotat Shipyards. 🎩 Politique La commission européenne valide l’interdiction française des vols intérieurs pour des trajets en avion réalisables en train en moins de deux heures et demie. Un bémol toutefois : au vu de la desserte ferroviaire actuelle de Roissy-CDG, les trajets vers Bordeaux ou Nantes, ainsi que Lyon et Rennes transitant par cet aéroport ne devraient pas subir cette interdiction, qui concerne donc en pratique surtout les liaisons depuis l’aéroport d’Orly, qui avait pris les devants depuis mai 2020. De quoi en limiter l’impact, tout comme le réexamen de cette mesure dans 3 ans. Cette décision française suscite de fortes réactions du secteur aérien, notamment de l’autre côté de la Manche où Willie Walsh, directeur de l’Association du transport aérien international (IATA) la qualifie de “complètement idiote”. Au delà de ces mesures plus symboliques qu’autre chose, le vrai travail reste à faire face à des gouvernants qui disent encore, après 6 rapports du GIEC et 27 COP : “qui aurait pu prédire la crise climatique aux effets spectaculaires encore cet été en France ?”. 🌍 Ca bouge à l’international (ou pas) Au Canada, une taxe sur les produits de luxe (jets, yachts) en vigueur depuis le premier septembre essuie de vives critiques de la part du secteur qui invoque un récent rapport pointant l’échec d’une mesure similaire il y a 30 ans aux USA. La Belgique annonce, elle aussi, une taxe aéroportuaire qui, si elle ne vise pas directement les jets privés, les place implicitement dans le viseur en tenant compte des émissions de CO2, de la pollution de l’air et de la destination, et qui sera encore alourdie pour les vols de moins de 500km. Etant donné la bonne santé des compagnies de jets belges, qui annoncent une année record en cumulant 46.000 heures de vol en 2022 et un nombre de passagers qui est passé de 69.870 à 114.000 en un an, le doute est permis sur l’efficacité de la mesure. Au Royaume-Uni, un ancien député lance une campagne proposant de taxer les voyages en jet pour financer les transports publics. Affaire à suivre 🧐 Et pour voir au delà… #ouvronsnoschakras Trois à quatre vols sur toute une vie ? C’est le maximum, selon Jean-Marc Jancovici, qu’on ne présente plus, invité sur France Inter. Dans l’Express, le PDG de Voyageurs du Monde, Jean-François Rial, lui répond, avec des arguments de compensation carbone et de carburant propre. On aurait préféré parler de sobriété comme dans Alternatives Economiques, car les voyants sont toujours au rouge vif avec des émissions de gaz à effet de serre qui stagnent en France, où l’on a (de nouveau) enregistré l’année la plus chaude jamais connue 🌡️. Et de toute évidence, cette sobriété ne viendra pas des usagers. Elle devra passer par des actions de grande ampleur comme celles menées à Shiphol ou à travers le monde par Scientist Rebellion, nombreuses, coordonnées et déterminées ✊. Finissons quand même l’année avec un sourire (jaune), et le média Vert qui publie un best of des what the phoque écolo de l’année 2022, avec des morceaux de yachts et de jets dedans. Merci pour votre lecture en 2022, on espère que ces revues de presse vous enragent 🔥 et vous inspirent 💚, et on vous donne rendez-vous dans un mois ! ____________________________________________________________ Ca vous a plu ? Vous en voulez encore ?? Go voir les revues de presse des mois précédents 🤩 !
categorie environnement1 Changements en vigueur au 1er janvier 2023
À compter du 1er janvier 2023, des évolutions interviennent dans de nombreux domaines : économie circulaire, énergie, rénovation et efficacité énergétique, logement, mobilités… Ces mesures ambitionnent de relever le défi de la transition écologique dans le quotidien des Français et seront complétées par celles de la planification écologique gouvernementale France Nation verte. Tour d’horizon des principales mesures.
categorie environnement1 La COP15 biodiversité aboutit à un accord
La 15e conférence des Parties (COP15) à la Convention sur la diversité biologique s’est tenue à Montréal du 7 au 19 décembre 2022 sous présidence chinoise. Un accord a été trouvé sur le cadre mondial de préservation de la biodiversité, qui a été adopté à l’issue de la plénière du 19 décembre. Ce cadre, salué par la France, est ambitieux, réaliste et applicable, avec des cibles chiffrées dont celle prévoyant la protection de 30% des terres et de 30% des mers à échéance 2030. La France continuera de porter des engagements forts aux niveaux national et international, notamment aux côtés des 116 pays de la Coalition pour la Haute Ambition pour la Nature et les Peuples (HAC).
categorie environnement1 Les aides à destination des élus locaux
Vous êtes un élu local et vous souhaitez mettre en œuvre des actions pour accélérer la transition écologique sur votre territoire ? Le ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires et le ministère de la Transition énergétique vous accompagnent. Retrouvez ici les principales ressources et outils à votre disposition.
categorie environnement1 Arkema, fléau éternel
Samedi 17 décembre 2022, sur Lyon, des centaines de rebelles ont participé à une action contre un des géants de la pétrochimie : Arkema 🧪 Cette ancienne filière de TotalEnergies trop peu connue au regard des méfaits qu’elle commet, a subit un coup de projecteur suite au reportage de Vert de Rage et Envoyé Spécial sur la pollution aux perfluorés autrement appelés polluants éternels - dans la banlieue sud de Lyon. Le site d’Arkema à Pierre-Bénite est responsable de ces pollutions, de l’empoisonnement des habitant.es et de l’environnement. Nous avons donc décidé d’agir, pour rappeler que des mois plus tard, le combat continue. Avant nous déjà, de nombreux mouvements se sont mobilisés, tels que les collectifs de riverain.es “Bien Vivre à Pierre-Bénite” ou encore le CAPIPSSOL (Comité d’Action Pour une Industrie Propre et Sûre dans le Sud-Ouest Lyonnais) et les victimes de contamination au perfluorés, mais aussi l’association Notre Affaire à Tous, qui a lancé une procédure judiciaire à l’encontre d’Arkema et les syndicats de travailleur·euse·s, qui ont tenu le piquet de grève pour réclamer une hausse des salaires et une meilleure protection. Arkema ou l’art de la fuite en avant 😠 🤔 Arkema, c’est quoi ? Arkema est une multinationale de la pétrochimie tournée vers la production de “matériaux de spécialité”, entendez les vernis industriels, les polymères, les adhésifs et autres dérivés plastiques. Ce sont des composants servant le plus souvent des industries polluantes telles que l’aéronautique, l’automobile, les emballages, l’électronique… Implantée dans 55 pays à travers le monde et comptant 141 sites industriels, leur hégémonie est planétaire. Leurs produits sont présents partout, leur permettant ainsi de réaliser des chiffres d’affaires toujours plus mirobolants. L’entreprise s’est en effet vite remise du “coup de mou” de la crise Covid en annonçant pour 2021 un CA de 9,5 milliards d’euros, soit plus de 25% d’augmentation par rapport à l’année 2020. Son PDG, Thierry Le Hénaff, se félicite de cette croissance et affirme sa confiance dans les années à venir. Autrement dit, Arkema a encore de beaux jours devant elle, et ce n’est pas pour nous ravir. Évidemment, Arkema est engagée dans une démarche RSE largement mise en avant dans la communication de l’entreprise (quelle bonne entreprise de nos jours ne s’est-elle pas parée à toute attaque en brandissant le sigle magique ?) . Mais surtout, Arkema mise sur le développement durable. Les mouvements sociétaux poussent de plus en plus vers une prise en compte de l’urgence climatique, et les entreprises telles qu’Arkema ont su s’en saisir, transformant l’inquiétude légitime et le besoin de changement immédiat en machine à cash. Désormais, le vert écolo rappelle amèrement le vert des billets de banque… 🤡 Une “vision pour un monde plus durable” Dans sa “vision pour un monde plus durable”, l’entreprise détaille son engagement, tourné vers l’avenir sauce écolo. Que propose-t-elle alors ? D’abord, de remplacer les matières premières fossiles par des végétaux. C’est ce qui est appelé la “chimie verte” ou “biochimie”. Arkema est devenue experte dans l’exploitation du ricin (plante résistante présente sur tous les continents, dont l’huile est très utilisée dans de nombreux domaines comme la cosmétique ou l’industrie chimique) qui lui permet de remplacer certains matériaux dans ses produits pour l’automobile ou le sport entre autres. Des milliers d’euros sont alloués à la recherche de nouvelles plantes permettant un développement industriel, comme le tournesol utile dans les additifs pour bitume. Si le développement des produits biosourcés dans l’industrie pétrochimique ne s’accompagne pas d’une réelle remise en question de la production, cela n’aboutira qu’à une culture massive de végétaux non destinés à l’alimentation, privant l’humanité de précieuses terres arables. Mais pas de panique, on roulera bientôt sur des routes goudronnées au pissenlit, alors tout va bien. Les perfluorés sont un composant chimique qui a été créé de toutes pièces par l’homme et n’existe pas dans la nature. Il existe au total 4 700 perfluorés, appelés PFAS. Ils sont particulièrement dangereux pour la nature et la santé humaine, mais aussi très résistants à travers le temps, et s’accumulent donc dans l’environnement, ce qui augmente inévitablement leur concentration. Les perfluorés sont des perturbateurs endocriniens déjà très connus et étudiés. Ils forment la famille des PFAS, dont les plus répandus sont les PFOA et les PFOS. (Pour simplifier, nous y feront référence dans la suite du texte comme PFAS, sauf si la précision est nécessaire). Ensuite, de développer de nouveaux matériaux pour les rendre plus efficients. Alléger leurs produits pour que les avions volent plus loin et que les voitures roulent plus vite, “le rêve du constructeur automobile rejoint celui du chimiste qui aimerait substituer le verre et le métal par du plastique recyclable” (Denis Bortzmeyer, Directeur scientifique Arkema). Alors, vous rêvez là hein ? Bref, il n’est nulle part question de produire de manière raisonnée ou réellement responsable. Ce qu’il faut bien sûr, c’est produire toujours plus, mais toujours mieux. On sait pourtant que ça ne va pas suffire, que rendre quelque chose plus efficace ne signifie pas la rendre moins polluante. C’est ce qu’on appelle l’effet rebond, étudié par de nombreux spécialistes de l’économie. Plus un produit ou un matériau sera efficace, moins gourmand en énergie ou en matières premières, plus la consommation de ce produit va augmenter. On le sait aujourd’hui, il ne nous faut pas améliorer, donc produire toujours plus, mais ralentir. Surtout, ce greenwashing outrancier nous détourne de la réalité Arkema. Derrière tant de bons sentiments se cache l’un des plus gros pollueurs d’Europe. Et son arme fatale, ce sont les perfluorés. Des contaminations de l’environnement et des habitant·e·s 🤒 Un scandale de pollution environnementale aux PFAS aux USA dans les années 2000 avait secoué l’opinion publique et alerté le monde de la recherche. En 2015, ce sont plus de 200 scientifiques qui signent la Déclaration de Madrid, synthèse des connaissances sur les conséquences de ces polluants, demandant des mesures radicales pour stopper la pollution aux perfluorés dans le monde. Les incidences sur le monde vivant des PFAS sont donc très bien renseignées, et ce depuis longtemps. C’est un produit dangereux pour les êtres vivants. Un perturbateur endocrinien est une molécule qui vient influer sur le système hormonal et le déséquilibrer. Les perturbateurs endocriniens sont très nocifs pour la santé, causent notamment de nombreux cancers mais aussi des maladies hormonales comme l’obésité ou des problèmes de croissance et de puberté. S’ils sont tous très résistants dans la nature, seule une catégorie d’entre eux sont surnommés “polluants éternels”, ce sont ces fameux PFAS qui seraient responsables de cancers du testicule, de la thyroïde, du rein ou du sein, de dysfonctionnements hépatiques, de taux élevés de cholestérol, favoriseraient le diabète mais aussi un poids et une taille anormalement faible des nourrissons, et on en passe et des meilleures. Arkema est responsable de la propagation de quantités inconsidérées de gaz à effet de serre fluorés dans l’atmosphère. Ce sont des gaz interdits en Europe en raison de leur danger pour la couche d’ozone. Ils se caractérisent par un Potentiel de Réchauffement Global (PRG) considérable: l’effet d’une tonne de ces gaz relâchée dans l’atmosphère correspond en terme de réchauffement global à l’équivalent de l’émission de 1 000 à 2 000 tonnes de CO2. Officiellement l’utilisation des PFOA a cessé depuis 1979 sur le site, mais les études menées notamment dans le cadre de l’émission d’Envoyé Spécial et Vert de Rage montre que ces substances sont toujours présentes dans l’environnement autour de l’usine. Ces polluants sont particulièrement résistants. De plus, l’utilisation de ces PFOA a rapidement laissé place à d’autres perfluorés (PFNA, PFUnDA, ..) tout aussi toxiques, si ce n’est plus. Par exemple le PFUnDA est un perfluoré 4 fois plus toxique que le PFOA. L’entreprise a donc décidé de remplacer un poison par un autre, 4 fois plus dangereux. Des traces de ce PFUnDA ont été retrouvées dans le stade de Pierre-Bénite dans des concentrations équivalent à 83 fois la norme hollandaise. Les Pays-Bas ont également connu d’énormes problématiques d’empoisonnement aux perfluorés et l’État a finalement décidé d’imposer des normes, ce qui est encore loin d’être le cas en France. Mais nous y reviendrons plus tard. L’eau et le lait maternel sont des indices du niveau de contamination des habitant.es de la zone qui ont notamment été étudiés par Jacob De Boer lors de l’émission de Vert de Rage. Ce scientifique hollandais a montré qu’en aval des zones de rejet du site d’Arkema, l’eau de 9 communes alimentées par les captations du Rhône présentent une concentration de 143 à 197 ng/L de PFAS. Selon De Boer, ces taux devraient grandement alerter l’État et devenir un enjeu de santé publique face auquel réagir immédiatement. 200 000 personnes sont ainsi concernées par cet empoisonnement à petit feu. La DREAL, suite au reportage, a finalement mis en place un principe de précaution qui incite les habitant.es à ne pas consommer l’eau de leur robinet. Le cas du lait maternel, enfin, est éclairant: 13 femmes allaitantes ont fait l’objet d’une étude scientifique. Les concentrations de PFAS retrouvées dans leur lait étaient en moyenne de 160,7 ng/ L (contre 56,8 ng/L aux USA et 70,7 ng/L aux Pays-Bas). Ces chiffres sont alarmants, et contreviennent au droit des populations de vivre dans de bonnes conditions, dans un environnement sain, et amenuisent les chances des générations futures de vivre en pleine santé. Les nourrissons sont particulièrement sensibles aux perturbateurs endocriniens, et une telle concentration de PFAS dans le corps de leur mère ne peut qu’avoir des conséquences désastreuses sur leur développement. Évidemment, Arkema refuse de regarder la réalité en face et n’offre aucune réponse satisfaisante aux victimes, préférant se cacher derrière ses grandes politiques de RSE et sa communication verdie. Arkema coupable, État français complice ⚖️ Arkema est l’auteur de ces crimes environnementaux, à n’en pas douter. Mais l’entreprise n’est pas le seul acteur que nous remettons en cause ici. L’État français est au courant de ces agissements. Pourtant il ne fait rien. A travers son organe régional, la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement), l’État français est censé réguler les risques liés aux pollutions et aux dégradations de l’environnement. La DREAL est placée sous l’autorité du préfet de région, dont on interroge la réelle volonté de protéger les citoyen·ne·s et faire cesser les crimes climatiques sur son territoire… L’institution a souvent rendu visite à l’entreprise. On croirait presque qu’elle se doute de la dangerosité de ses agissements. Elle a d’ailleurs relevé 66 “non-conformités” et 6 “incidents majeurs” lors de ses vérifications entre 2017 et 2022. Ça fait quand même beaucoup d’infractions en 5 ans. Et pourtant, aucune sanction n’a été retenue à ce jour contre Arkema. Pire, aucune demande de réparation. L’usine de Pierre- Bénite est classée site SEVESO, soit le plus haut risque parmi les ICPE (Installations Classées pour la Protection de l’Environnement), et devrait être surveillée d’un œil sévère par les autorités responsables. Il n’en est rien. La DREAL a de nombreux objectifs fièrement mis en avant sur le site du gouvernement, dont nous ne citerons ici qu’une infime partie qui nous paraît souligner clairement les manquements de cette institution : “Réduire les risques naturels, miniers et technologiques” ou encore “réduire les pollutions de toutes natures”. Les PFAS ne doivent pas rentrés dans la catégorie des “pollutions de toute nature”, c’est la seule explication que nous avons pu trouver… “Informer les citoyens sur l’environnement”. Là encore, on a tout faux à la DREAL. Sans doute n’a-t-on pas trop envie d’informer les citoyen·ne·s des risques qu’iels encourent en vivant à proximité de cette usine. C’est ce qui explique que les données ont été obtenues par un chercheur hollandais contacté par des journalistes, qui se constituent ainsi lanceurs d’alertes en palliant les manquements étatiques. Que des personnes qui n’ont pas à charge d’assurer le bien vivre des citoyen·ne·s doivent remuer ciel et terre pour que les habitant.es aient accès à leurs propres données de santé doit nous interroger. Le préfet de région a tout de même concédé un arrêté préfectoral (qu’on ne nous accuse pas de biaiser cet article…) qui impose à Arkema de supprimer par paliers son utilisation du PFAS 6:2FTS jusqu’à le bannir complètement au 31 décembre 2024. Mais heureuse coïncidence : Arkema sentant le vent tourner avait déjà prévu de stopper sa production d’ici… 2024. Oh bah, ça alors ! Si vous trouvez un enchaînement plus hasardeux - ou un préfet plus conciliant - que ça, faites-nous signe. Parce qu’ici, on n’a jamais vu ça. Cet arrêté préfectoral, s’il est une amélioration de la situation et une prise de parti - du bout du petit doigt de pied, mais soulignons - est vu par tous les acteurs comme insuffisant et très peu ambitieux. Considérant la dangerosité de ces molécules, il faut questionner la pertinence de laisser du temps à l’entreprise pour “retomber sur ses pattes” en remplaçant son procédé par un autre, alors que chaque jour qui passe augmente les contaminations, les risques de cancers, de mal développement des nourrissons… À nouveau, le profit passe avant toute considération envers les vies humaines et l’environnement. On n’a encore aucune idée de la substance qui remplacera le 6:2FTS en 2024, mais on fait confiance à Arkema pour nous offrir le plus empoisonné des cadeaux ! Le manque d’ambition de cet arrêté préfectoral est d’autant plus curieux qu’Arkema a tout à fait les capacités de se passer des PFAS. Le Centre de Recherche de Pierre-Bénite est l’un des plus importants de la multinationale et dispose largement des moyens matériels et techniques de mettre un coup d’accélérateur pour la recherche d’alternatives. Recherche qui aurait d’ailleurs du commencer bien avant, si seulement l’entreprise d’Arkema et ses dirigeants s’étaient appliqués à développer leur sens de la morale plutôt que de tenter de s’en acheter une par le biais de leurs “politiques RSE”. En effet, la première alerte officielle faite à Arkema France sur l’extrême dangerosité des perfluorés remonte à 2011. Cette année-là, l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du travail) avertit l’entreprise pétrochimique des risques que la pollution aux perfluorés fait courir aux employé·e·s et aux riverain·e·s. Arkema, évidemment, n’en a pas pris compte. Le PDG se dédouane aujourd’hui en affirmant : “Il y a absence de réglementation en France concernant les rejets des PFAS, donc nous respectons la réglementation”. On imagine facilement la violence perçue par les victimes de ces pollutions devant le cynisme et l’inconséquence d’une telle affirmation. L’État est particulièrement complaisant avec Arkema. Financièrement parlant, la France chérit sa multinationale de la pétrochimie. Elle reçoit en effet de nombreuses faveurs fiscales et aides publiques, en raison de son pôle de recherche (mais si, vous savez, celui dont on parlait plus haut qui n’a toujours rien fait pour bannir les perfluorés des processus d’Arkema). Réductions d’impôts du Crédit d’Impôt de Recherche et du Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi et injections de fonds publics via le projet Axéléra, dans lequel Arkema est moteur. Au vu de leur CA des dernières années que l’on a rappelé en début d’article, on pourrait questionner la pertinence de tels abattements fiscaux, l’entreprise affichant une vitalité impressionnante (contrairement à l’environnement autour de Pierre Bénite, donc). Malgré les nombreux scandales environnementaux et sanitaires - le site de Pierre-Bénite est loin d’être le seul implanté sur le territoire français - dont Arkema a fait l’objet, aucune condamnation contre l’entreprise n’est recensée. Ah si, pardon, une condamnation pour discrimination à l’embauche. Mais avec Arkema, on n’est plus à un crime près. Aux USA, la multinationale a été condamnée par l’état du Michigan, avec d’autres industriels, pour avoir contaminer l’eau et l’environnement avec des produits dangereux tels que les PFAS. En France, non seulement on ne condamne pas, mais on déroule le tapis rouge à Arkema pour transgresser les lois. Par exemple à l’usine de Lacq dans les Pyrénées Atlantiques, l’entreprise utilise le Cl4, un polluant dangereux, sur lequel la Commission Européenne établi un quota pour en limiter l’émission. Il existe des quotas nationaux pour chaque pays européen et un quota pour l’Union Européenne mais les quotas par pays ne sont pas rendus publics. Le quota à l’échelle de l’Europe pour le Cl4 s’élève à 17 tonnes. En 2011, un dysfonctionnement dans l’usine de Lacq entraîne des fuites discontinues équivalent à environ 118 tonnes de Cl4. L’entreprise n’a évidemment pas été condamnée pour cela. Mieux encore, après négociations entre le gouvernement et l’entreprise, cette dernière affirme ne pas pouvoir descendre en dessous de 13 tonnes d’émissions de Cl4. Ce qui représente 76% du quota européen. Il semble qu’on atteigne avec Arkema les sommets du passe-droit. Bref, Arkema explose tous les compteurs, dépasse toutes les limites, piétine tous les quotas. En parallèle, les riverain.es se voient refuser des études publiques de la part de l’ARS (Agence Régionale de la Santé), l’entreprise se dédouane et le gouvernement ne fait… Rien, ou si peu. Quand y a-t-il “trop” de poison ? ☠️ Mais qu’en est-il de la pertinence d’établir des quotas ? On peut s’interroger sur l’obsession de la gestion actuelle de l’environnement par des chiffres, érigés comme des barrières derrières lesquelles le risque reste bloqué. Pourtant, on ne connaît que très peu de choses des boucles de rétroactions qui existent dans la nature et ne nous permettent pas de prévoir les incidences de certaines pratiques ou pollutions sur l’environnement. On ne connaît pas non plus les nombreux effets cocktails qui existent (quand deux molécules, deux substances se rencontrent et créent une réaction chimique inattendue) et qui peuvent avoir des effets nocifs sur la santé humaine. Les quotas sont une manière de gérer les risques pour l’environnement et la santé qu’il faut pouvoir interroger. Pourquoi x ng/ L serait acceptable alors que x+1ng/ L ne pourrait être toléré ? Comment peut-on prévoir que chaque corps, dans toute leur diversité, vivra bien une exposition à une certaine quantité d’un polluant toxique, cancérigène,…et mal une exposition à un nanogramme de plus de ce même poison? Avec des éléments chimiques comme les perfluorés, la logique est d’autant plus perverse que ces éléments mettent un temps faramineux à se dégrader dans l’environnement, et que chaque nouvelle pollution vient se sur-ajouter aux précédentes, créant un stock très important dans la nature. Nous voulons remettre en question la pertinence d’autoriser des produits destructeurs pour les êtres vivants et l’environnement dans son ensemble. Toute la logique d’Arkema, et de tant d’autres avec elle, est de gagner du temps. Parce que le temps c’est de l’argent. Donc au lieu de renoncer à des manières de produire mortifères, l’entreprise pari sur toujours plus d’investissements, synthétisant des substances qui n’ont plus ni queue ni tête et dont on découvrira après des années de bataille acharnée qu’elles ne font que tuer à petit feu celleux qui y sont exposé·e·s. Agir ✊ Avec cette action, nous emboîtons le pas à de nombreuses autres initiatives citoyennes et collectives, dont nous souhaitons nous faire l’écho. Mentionnons la procédure en cours de Notre Affaire à Tous. Le groupe lyonnais de l’association a décidé de déposer un référé pénal environnemental contre l’entreprise Arkema France pour non-respect de la législation qui encadre les ICPE (Installations Classées pour la Protection de l’Environnement). Se joignent à ce recours l’association de riverain.es “Bien Vivre à Pierre-Bénite”, ainsi que des mères dont le lait est contaminé et d’autres victimes. Plus largement, NAAT publie 5 propositions pour diminuer les risques de pollution industrielle: Faire respecter le droit existant Durcir la réglementation des ICPE pour diminuer les pollutions industrielles et réduire les risques industriels Demander un véritable plan de transition bas-carbone pour la Vallée de la Chimie Exiger une plus grande transparence en intégrant plus largement les riverain.es aux enjeux industriels Instaurer localement une surveillance des infractions commises par les entreprises et le suivi des sanctions de la Préfecture. 👉 Nous nous joignons à ces revendications et y ajoutons celle de l’arrêt total de production de polluants éternels, ainsi que celle de stopper les rejets d’eau usagée dans le Rhône. 👉 Nous souhaitons nous faire le porte-voix des mobilisations des riverain.es et des élu.es locaux, et exigeons en ce sens le dédommagement des victimes des pollutions d’Arkema, ainsi que la dépollution complète du site et de ses alentours aux frais de l’entreprise Arkema France. 👉 Nous sommes solidaires des luttes des employé.es du site pour de meilleures conditions de travail, notamment en matière de sécurité sanitaire, ainsi qu’un accès facilité à leurs analyses médicales. Nous relayons leurs demandes d’une hausse de salaires, revendication portée lors de la grève de la branche chimie de la CGT Rhône.
categorie environnement1 Mieux trier ses produits : lancement d’une campagne d’information sur l’Info-tri
Le ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, l’Ademe et les éco-organismes, lancent aujourd’hui une campagne nationale d’information sur l’Info-tri. Cette nouvelle signalétique, prévue par la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire, permet à chacun de mieux trier ses produits du quotidien, emballages et appareils usagés, grâce à une indication claire et précise sur l’endroit où les trier.
categorie environnement1 Newsletter XR France n°29 - décembre 2022
Alors que la Rébellion Internationale de Novembre (RINO) se termine, l’occasion est belle de relancer la newsletter XR France. Au menu de cette édition : un résumé des actions menées en octobre et en novembre, un point sur l’actualité, des nouvelles d’XR à l’international et, last but not least, une bonne action facile et rapide que vous pouvez mener en ligne ! Bonne lecture… avec amour et rage, toujours Aux utilisateur.ice.s de ProtonMail : pour visualiser les images, cliquez sur le bouton “Load” en face de “This message contains remote content”. Retours sur la rino La RINO c’est la Rébellion d’Octobre et de Novembre. A cette occasion, plusieurs Groupes Locaux ont mené des actions dans toute la France métropolitaine pour rappeler qu’il y a urgence et que quand l’espoir meurt … l’action commence ! 28 octobre, “Light Fever” à Paris Le vendredi 28 octobre, les groupes d’Extinction Rebellion Ile de France ont installé des stands sur le parvis de La Défense pour rappeler les constats scientifiques autour de l’urgence climatique & écologique dans laquelle nous sommes… Les personnes présentes ont pu assister à une conférence “Heading for Extinction” sur : le dépassement écologique et la justice climatique ; l’effet de serre et la sobriété énergétique ; la chute de la biodiversité et le cycle de l’eau ; les mécanismes du déni et de la passivité ; la désobéissance civile. Mais iels ont également pu échanger autour de bons plats issus de récupération ! Car c’est ça aussi XR ! C’est la culture régénératrice, c’est le soin et le partage ! 29 octobre, Action “Bal Masqué” à Grenoble Ce samedi 29 octobre, 80 activistes d’Extinction Rebellion Grenoble ont occupé pacifiquement le boulevard Gambetta, l’un des axes majeurs de la ville de Grenoble. Les rebelles ont rappelé à cette occasion qu’il est urgent de ralentir dans ce système destructeur qui pratique la fuite en avant … Iels appelaient à la sobriété choisie, juste et équitable pour tous.tes ! 👉 Le live Facebook 👉 Pour en savoir plus 📸 @engrainage.media 4 novembre, Action “Black Out” sur Lille Le vendredi 4 novembre, les activistes d’Extinction Rebellion Lille ont bloqué l’entrée du stock de dépôt de carburant de Mardyck appartenant à TotalEnergies, près de Dunkerque. En simultané, iels se sont déployé.e.s devant le Crédit du Nord à Lille. Les rebelles dénonçaient les agissements de TotalEnergies qui, depuis les années 70, connait pertinemment les dangers du réchauffement climatique et son lien avec la consommation d’énergie fossile. Il faut croire que leur intérêt financier prime sur notre avenir commun. Les rebelles ont également dénoncé le financement des énergies fossiles par les banques en se postant devant le Crédit Nord sur la place Rihour. Les revendications ? Elles sont simples : l’arrêt complet des financements en faveur des énergies fossiles, la fin des passe-droits pour les megapollueurs sur les impôts, la rénovation énergétique des habitations et bâtiments, etc. 👉 Les lives sur Peertube : Partie 1 et partie 2 👉 Pour en savoir plus 📸 Honeybadger, Elie, Olive and more… 5 novembre, “RhinoFéroce” à Toulouse Des activistes venu·e·s de toute l’Occitanie ont occupé le Golf de Garonne à Toulouse pour dénoncer l’étalage de luxe et de la sur-consommation énergétique d’une infime partie de la population. Les groupes de Toulouse, Montpellier, Perpignan, Carcassonne, Narbonne et Albi ont réuni leurs forces pour visibiliser cette hypocrisie de la classe dominante. 👉 Le live Facebook 📸 Gwarr Actualités COP 27 : la fuite en avant Le constat est cinglant, sans appel : encore une année perdue. Le texte final de la COP 27 ne fait en effet aucune mention d’un éventuel désengagement des énergies fossiles. Mais comment se surprendre de cette inaction récurrente et criminelle, quand on sait que plus de 600 lobbyistes y étaient présent.e.s pour défendre le charbon, le gaz et le pétrole ? Sans parler des sponsors toujours plus insensé.e.s, qui ne font que nuire à l’image d’un événement décidément de moins en moins crédible… Bien sûr, on pourra saluer la création d’un fonds dédié aux « pertes et préjudices », au profit des pays les plus vulnérables. Mais il s’agit là d’une bonne nouvelle en trompe-l’œil : on ne sait pas encore quels pays contribueront à ce fonds et à quelle hauteur ils le feront. Une simple promesse, en somme, qui en rejoint de (trop) nombreuses autres. Pas de quoi se réjouir, car les promesses, comme le rappelle un article de Bon Pote résumant cette COP 27, n’engagent que celles et ceux qui y croient… Écoterrorisme : la surenchère de Darmanin Octobre a également été le théâtre d’une manifestation de grande ampleur, à Sainte-Soline, pour lutter contre un projet de mégabassines. Ce projet, entre autres soutenu par la FNSEA, symbolise l’accaparement de l’eau – un bien commun – par une minorité. Plus de 2 000 personnes de tous horizons, parmi lesquelles se trouvaient des rebelles d’XR, étaient présentes pour dénoncer ce non-sens écologique. Si besoin était, cette manifestation a été l’occasion de constater la dérive autoritaire et répressive du Gouvernement, le Ministre de l’intérieur étant allé jusqu’à parler d’écoterrorisme. Les mots ont un sens, et ce n’est certainement pas un hasard si Gérald Darmanin donne dans la surenchère au moment même où le Gouvernement renforce son arsenal juridique contre les militants écologistes. Le combat continue : quelques jours seulement après la manifestation, un nouveau projet de 30 mégabassines a été validé par le Gouvernement dans la Vienne, tandis que les Soulèvements de la Terre ont d’ores et déjà annoncé une nouvelle manifestation le 25 mars prochain. 📸 AFP, Pascal Lachenaud / Les Soulèvements de la terre / Reporterre, Marius Jouanny International Extinction Rebellion est un mouvement international et à ce titre, voici quelques actions des rebelles à travers le monde. 👉 Lire la newsletter internationale (en anglais) 5 octobre, Marche au Congo Des rebelles ont organisé une marche pour le dernier jour du sommet préparant la COP 27 à Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo. La répression policière a été violente : un.e rebelle a été hospitalisé.e des suites de l’altercation. Heureusement, iel a pu s’en remettre sans séquelles. 24-29 octobre, Six jours d’actions à New York Les rebelles d’XR New York ont rejoint une coalition d’organisations pour le climat pour six jours d’actions à travers la ville. 49 activistes ont été arrêté.e.s durant la campagne. Entre blocages et actions d’envergure impliquant plus de 600 personnes, les activistes ont réussi un coup de force en interrompant l’interview télévisée d’un sénateur climato-sceptique. La chaine ABC a alors modifié ses programmes pour couvrir l’événement et les luttes écologiques de 2021. 📸 Adrian Childress Une répression internationale Vous l’avez compris à travers nos articles. La répression s’intensifie. Et elle est internationale. Durant le mois d’octobre, plusieurs activistes non violent.e.s ont été emprisonné.e.s à travers l’Europe. 16 rebelles scientifiques à Munich, 6 activistes de Just Stop Oil au Royaume-Uni et 3 autres en Hollande. Enfin, une première en Suède : 2 rebelles qui avaient occupé un aéroport ont été condamné.e.s à 2 mois de prison. Rappelons que les activistes n’agissent pas pour le plaisir. Nous nous mettons en danger physique, psychologique et juridique. Nous le faisons car il y a urgence et que quelques gardes à vue ne sont rien face à l’avenir que nous entrevoyons. Nous n’abandonnerons pas si facilement. Actions en ligne Devant l’impératif de sobriété auquel nous faisons face, l’engagement de chacun.e est nécessaire. Mais l’effort doit être juste. À cet égard, il est absurde de demander aux citoyen.ne.s de baisser leur chauffage tout en permettant que des écrans et panneaux publicitaires demeurent allumés, et que des vitrines restent éclairées parfois toute la nuit ! En collaboration avec Greenpeace, et dans le cadre de la campagne C’est pas Versailles ici!, des groupes locaux d’XR et des citoyen.ne.s concerné.e.s ont mis en ligne des pétitions permettant de s’engager contre le gaspillage énergétique. Il en existe à ce jour plus d’une soixantaine ; vous aussi, engagez-vous en signant la pétition de votre commune ou même en créant (facilement) une pétition au besoin ! Tout est expliqué ici 👉 Stop au gaspillage énergétique! 📸 Florentvnr EXTINCTION REBELLION, C’EST VOUS ! Vous souhaitez rejoindre la rébellion ? C’est par ici 👉 Agir ! Si les actions sont au cœur du mouvement, nous avons besoin et cherchons des personnes avec des profils très divers pour aider ponctuellement ou sur le long terme, en présentiel et en ligne, pour : les outils informatiques, l’aide juridique, l’aide psychologique, la rédaction, l’analyse d’articles scientifiques, les réseaux sociaux, le site internet, etc. Il existe autant de façons d’aider la rébellion que de rebelles. Consultez l’agenda pour ne pas manquer les réunions d’accueil des nouvelleaux, pour répondre à vos questions et vous guider au mieux. Quelques idées pour nous soutenir : 👉 Faire un don, ponctuel ou régulier, est un moyen d’agir précieux pour nous ! Rendez-vous sur notre plateforme de dons sécurisée Hello Asso. 👉 Suivez-nous sur les réseaux sociaux : Mastodon, Diaspora, Facebook, Twitter, Instagram, LinkedIn, Télégram ainsi que nos chaînes vidéo Peertube et Youtube. 👉 Parlez de nous autour de vous, et diffusez cette newsletter à vos proches ! Pour vous inscrire à la liste de diffusion, rendez-vous sur cette page de notre site. À bientôt, Avec amour et rage, L’équipe de la newsletter XR France Nous contacter : contact@extinctionrebellion.fr
categorie environnement1 Procès contre l’antipub à Grenoble
Ce lundi 12 décembre, un militant d’Extinction Rebellion Grenoble est convoqué au tribunal de police pour avoir intenté à l’industrie publicitaire lors d’une action d’affichage réalisée en janvier dernier. Le dimanche 11 décembre, les militant·e·s d’Extinction Rebellion Grenoble ont réaffirmé cette démarche contre l’industrie publicitaire. Les publicités on laissé la place à des messages dénonçant l’impact négatif de la publicité sur nos sociétés. « La publicité a envahi les réseaux, saturé nos cerveaux, manipulé nos idéaux », les messages publicitaires ont été remplacés par les militant·e·s d’Extinction Rebellion Grenoble Cette action s’inscrit dans une continuité d’actions antipub à Grenoble. Par exemple en avril dans le cadre de l’action Respiro1, le 18/11 avec la première phase de l’action “C’est pas Versailles Ici, pour l’arrêt de la publicité lumineuse”2. La publicité: une nuisance sociétale La publicité a envahi nos vies. Elle est présente sur nos smartphones, à la télévision, sur nos réseaux, et même dans des lieux publics. Nous dénoncons ici la présence de la publicité pour plusieurs raisons : 1 − La publicité favorise le consumérisme L’objectif de la publicité est de faire vendre des produits. Elle pousse à la consommation, sans considération de l’intérêt réel du produit pour le consommateur. La surconsommation est aujourd’hui un grand facteur d’émissions de gazs à effets de serre et donc du changement climatique. Or le changement climatique engendre et engendrera des désordres majeurs qui mèneront à des centaines de millions de morts à l’échelle globale. Si l’impact de la publicité ne représentait même qu’1% des émissions de CO2, elle serait la cause de millions de morts. 2 − La publicité est une nuisance La publicité a envahi l’espace privé et public. Entre affiches, vidéos, messages audios, elle représente une sollicitation d’attention permanente et indésirable. Nous sommes partout interrompus, distraits et envahi par sa présence, qui a pour but de capter notre attention. Ces sollicitations permanentes d’attention sont un réel problème pour nos capacités d’attention aussi bien que pour se sentir tranquille. Action Antipub à Grenoble le 28 avril dernier 3 − La publicité nous manipule pour le profit Dans le but de nous faire acheter, la publicité utilise de nombreux biais cognitifs et ressorts de manipulation. Elle manipule ainsi nos désirs et déforme alors ce que l’on croit être bon pour nous, ceci pour le seul intérêt du profit économique, du profit de quelques uns, au détriment de tous les autres. 4 − La publicité façonne nos représentations Enfin, la publicité cherche à façonner nos envies dans son intérêt. Les publicités représentent des modes de vie irréalistes et vendus comme désirables et accessibles par chacun et chacunes. On peut par exemple penser aux modèles de beauté qui sont représentés sur les publicités qui cherchent à nous faire intégrer qu’on doit viser à correspondre à ce modèle. Se faisant, la publicité cherche à créer des frustrations chez les citoyens et citoyennes, qui lui permet de vendre ses produits en les représentant comme «la solution» aux frustrations qu’elle même crée. Ces représentations qui créent frustrations sont banalisées et répétées. Cela a alors un impact majeur sur la représentation que l’on a et sur le bonheur ressenti. La publicité est alors la cause de dépressions, de malheur général et des sentiments de frustrations permanents. Action C’est pas Versailles Ici pour l’arrêt des panneaux lumineux le 18/11/2022 à Grenoble Nos revendications contre la publicité La publicité a de trop nombreux impacts négatifs sur nos sociétés. Cela est d’autant plus vrai pour de jeunes citoyens et citoyennes, qui sont plus sensibles et grandissent avec une attaque permanente de la publicité façonnant d’autant plus leur manière de voir la société, détruisant leur estimes de soi, et leur faisant intégrer des modèles de consommation toxiques pour la société et pour elles et eux-mêmes. Nous ne voyons aucun impact positif de la publicité sur la société. Celle-ci profite uniquement à quelques-uns et ne fait vendre que des produits futiles. Nous revendiquons donc ici la fin de la publicité dans l’espace public. Nous invitons les acteurs publics à prendre conscience de l’importance de la disparition de la publicité pour le bien commun, et à interdire la publicité dans l’espace public. Nous invitons les acteurs bénéficiant de la publicité comme source de revenus à considérer la nocivité de la publicité pour la société Action Respiro à Grenoble. 400 affiches publicitaires à caractère commercial supprimées Lire l’article ↩ Campagne Nationale Extinction Rebellion C’est Pas Versailles Ici, pour l’arrêt de la publicité lumineuse.Page de la campagne ↩